Voile : "Même Macron l'a déclaré non conforme à la civilité française", affirme Malika Sorel

Malika Sorel, philosophe et essayiste, ancien membre du Haut Conseil à l’intégration, est l'auteur de "Les Dindons de la farce. En finir avec la culpabilité coloniale !" aux éditions Albin Michel. Selon elle, le sujet du voile est capital.

malika sorel voile

Voilà trente ans que le sujet du voile islamique est de toutes les campagnes électorales. Et cette élection présidentielle ne déroge pas à la règle. Marine Le Pen a récemment fait évoluer sa position sur le voile. Elle indique que c’est à l’Assemblée nationale qu’il reviendra de décider de l'interdiction du voile dans l’espace public. 

Invitée de "C’est à la Une", Malika Sorel, philosophe et essayiste, ancien membre du Haut Conseil à l’intégration, est l'auteur de Les Dindons de la farce. En finir avec la culpabilité coloniale ! aux éditions Albin Michel. Elle revient sur le sujet du voile dans la matinale de Sud Radio du mardi 19 avril 2022.

"Emmanuel Macron a reconnu en 2018 que le voile insécurise"

"Le voile clive parce que, en réalité, il définit ce qui est en jeu : la définition des normes en vigueur dans la société, et surtout le statut des femmes. Cette question du statut de la femme est extrêmement importante. Et même tout à fait centrale", explique Malika Sorel au micro de Patrick Roger.

"En avril 2018, quand Emmanuel Macron est interviewé par Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, il dit que 'le voile nous insécurise. Parce qu’il n’est pas conforme à la civilité qu’il y a en France'. La civilité, pour rappel, c’est l’observation des convenances en usage dans une société, des formes de politesse et de courtoisie en vigueur. Vous voyez que ce n’est pas un sujet mince."

 

Malika Sorel : "Il faut suspendre les flux migratoires de toute urgence"

"Est-ce que le voile est une arme politique pour autant, comme l’affirme Marine Le Pen", interroge Patrick Roger ? "Le voile représente plusieurs choses. Il y a effectivement la dimension qu’elle cite. L’islamologue Gilles Kepel a rappelé que dans les années 90, le voile a été mis en avant par les associations proches des Frères Musulmans. Le port du hijab leur permettait de faire émerger en France une communauté militante. Mais il y a bien d’autres dimensions dans le voile, bien sûr."

Maintenant, "il faut sortir de l’idée que les personnes issues de l’immigration musulmane constituent un bloc, c’est l’erreur classique des élites politique qui  versent dans le clientélisme politique. Elles ont attribué le droit de vote à des gens qui ne s’étaient pas intégrés auparavant. Je le dis à vos auditeurs, il faut  suspendre les flux migratoires de toute urgence. Les Français ont le droit que l’on respecte leur identité sur leur territoire."

 

Retrouvez "C’est à la Une" chaque jour à 7h10 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger et Cécile de Ménibus.

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