Lycées, 100 km, bars, départements rouges: des annonces prévues ce jeudi

Edouard Philippe dévoilera jeudi la phase 2 du déconfinement, à l'issue d'un nouveau conseil de défense. Deuxième phase qui débutera le 2 juin, et qui devrait durer trois semaines. Elle reste dépendante de l'évolution de l'épidémie de covid-19, dont les indicateurs sont pour l'instant encourageants. Parmi les mesures attendues: la fin de la limite des déplacements à 100 km, la réouverture des restaurants. Reste des points d'interrogation, sur les lycées et la nouvelle carte de France des départements rouges et verts.

Le Premier ministre Edouard Philippe doit faire des annonces demain sur la phase 2 du déconfinement. (Christophe ARCHAMBAULT / POOL / AFP)

"Je pense que l'Ile-de-France va rapidement passer en vert"

 

Paris et sa région pourrait passer en vert le 2 juin, selon le professeur Frederic Adnet, chef des urgences de l’Hôpital Avicenne à Bobigny, et directeur médical du Samu de la Seine-Saint-Denis:

"Nous avons beaucoup de disponibilité de lits en réanimation, très peu de passage aux urgences pour des motifs liés au covid 19... Clairement, je pense que l'Ile-de-France va rapidement devenir verte. Je ne pense pas qu'il y aura une deuxième vague à très court terme. Tous les indicateurs prédictifs d'arrivée d'une deuxième vague sont au vert: nombre de sorties de SMUR, visites de médecins généralistes aux domicile de patients liés au covid 19, et le nombre d'ambulance transportant des patients covid 19. Cela permet de vous dire avec assurance qu'à très court terme, on n'aura pas de deuxième vague." - Frederic Adnet, directeur médical du Samu de la Seine-Saint-Denis

Propos recueillis par Mayeule de Charon

 

 

Rouvrir les lycées? Vie sociale, plaide la FCPE. Conditions sanitaires, rétorque l'UNL...

Un lycée à Nouméa. (Theo Rouby / AFP)

Parmi les questions en suspens: l’ouverture des lycées situés en zone verte. La question ne fait pas l’unanimité. Pour la FCPE, syndicat de parents d’élève c’est oui si les conditions sanitaires sont respectées. Argument invoqué par Rodrigo Arenas, le co-président de la FCPE : le bien être des élèves:

"La priorité n'est pas reprendre l'école, mais se-sociabiliser, les mettre en contact avec d'autres jeunes de leur âge. C'est un bon moyen que de permettre à tous les professionnels dont c'est le métier de prendre soin de ces enfants qui ont besoin qu'on les écoute pour reprendre pied dans la situation qu'ils vivent: un confinement, parfois dans des situations extrêmement difficiles" - Rodrigo Arenas, Fédération des conseils de parents d'élève (FCPE)

Propos recueillis par Mayeule de Charon

Pour Héloïse Moreau,  la présidente syndicat lycéen UNL en revanche, c’est hors de question: les mesures sanitaires ne peuvent pas être respectées:

"C'est pas possible de réunir les conditions sanitaires nécessaires: accueil, transports, cantines, cours. Cela mériterait un brassage trop importants. On change toujours de camarades de classes pour les cours de langues, d'options... Cela ferait encourir un risque beaucoup trop grand aux élèves." - Héloïse Moreau, présidente de l'Union nationale lycéenne (UNL)

Propos recueillis par Mayeule de Charon

 

Assouplir les 100 km? "Je suis enfermée dans mon appartement"

 

Parmi les grandes annonces attendues: l'assouplissement de la règle des 100 kilomètres pour les déplacements sans attestation. Une mesure devenue trop contraignante pour de nombreux Français comme Anne, qui voudrait bien rejoindre sa résidence secondaire:

"J'attend de pouvoir en faire 200, je ne suis pas partie depuis quatre mois. J'attend d'aller dans ma résidence secondaire en Normandie, plutôt que d'être enfermée dans mon appartement là bas. Surtout à 80 ans, qu'on nous libère un peu... On paye des impôts là bas, on fait marcher la commune, on consomme !" - Anne

Propos recueillis par Clément Bargain

 

Votre verre au bar, avec ou sans plexiglas?

(Stefano RELLANDINI / AFP)

La réouverture des bars et restaurants dans les zones vertes est particulièrement attendue par les cafetiers, qui ne peuvent plus servir au comptoir depuis le mois de mars: Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes, attend avec impatience la réouverture du petit zinc:

"Nous travaillons pour que ce bar tabac à la française puisse de nouveau retrouver ses clients, héberger ses brèves de comptoir dont nous sommes privés depuis presque trois mois. Est-ce que le bar devra supporter une vitre en plexi entre serveur et consommateur? Cela doit être discuté dans les heures qui viennent. Les Français aiment s'y retrouver, il faut savoir les accueillir en respectant la sécurité de tous, mais pas rajouter de nouvelles contraintes à l'exercice de ce métier" - Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes

Propos recueillis par Clément Bargain