Les salariés de Renault réagissent à l'évasion de leur ex-patron, Carlos Ghosn

À 14 heures, l'ex-PDG de Renault-Nissan s'exprimera devant le monde entier. Mais les premiers concernés sont sans aucun doute ses anciens employés, ici à l'usine Renault de Flins. Et une tendance ressort clairement : les rancoeurs sont encore tenaces.

Le 24 janvier dernier, Carlos Ghosn démissionnait de son poste de PDG Renault-Nissan. depuis, ses anciens employés suivent de près les aventures du franco-libanais. (Photo de CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Un reportage de Clément Bargain à l'usine Renault de Flins.

 

Cet après-midi, dès 14 heures, Carlos Ghosn tiendra une conférence de presse devant des journalistes venus du monde entier. Sauf pour nos confrères japonais, reboutés par le service communication du franco-libanais. Un moment qui sera forcément suivi de près par ses anciens employés de Renault, tous ou presque scandalisés par l'affaire Ghosn. Ça fait plus de huit mois que Carlos Ghosn prépare cette prise de parole. Évidemmenbt que cela sera scruté de près.

À la sortie de l'usine Renault de Flins dans les Yvelines, le nom de l'ancien patron est au cœur de toutes les conversations. Jean-Claude est cariste et ne mâche pas ses mots.

"La plupart des salariés sont écoeurés de ce genre de personnage qui nous demande de faire des efforts et qui, eux, se comportent comme des escrocs." déplore Jean-Claude, cariste.

Pour Olivier, la fuite de son ancien patron au Liban envoie un message négatif sur le système judiciaire actuel et l'immunité de certains patrons.

"Il ne risque pas grand-chose aujourd'hui, ça m'étonnerait qu'il soit extradé. Demain, s'il n'y a pas de justice, tout le monde volera, il faut qu'un exemple soit fait." raconte Olivier, la mine dépitée.

Beaucoup comme Jean-Claude espéraient la tenue d’un procès au Japon, réputé intraitable sur les questions judiciaires.

Le constat de Jean-Claude est amer : "Il a volé Renault et Nissan mais en vérité il devrait nous rendre des comptes à nous. Pour que justice soit faite, il eût fallu qu'il reste en prison mais maintenant, il n'y est plus. Il aurait dû payer, que ce soit par la prison ou le portefeuille. Là c'est mort, c'est foutu." 

Certains ouvriers s’inquiètent maintenant pour l’image de la marque, que cette affaire ait des répercussions sur la santé du groupe Renault-Nissan. Mohamed, ouvrier au service des pièces détachées, pose un regard pragamatique sur le risque économique.

"On a peur que le chiffre d'affaires baisse et que ça aie un impact sur notre salaire" s'inquiète Mohamed.

 

Comment s'organisera la conférence de presse de Carlos Ghosn ? Clément Bargain donne les détails à ne pas manquer (ci-dessous).

L'horaire - 14 heures, heure française - est éminemment choisi pour que cette conférence de presse soit suivie dans le monde entier. Alors forcément, les salariés de l'usine de Flins seront aux premières loges devant les chaînes d'information en continu branchées. Et n'oublient pas le départ polémique de Carlos Ghosn, il y a maintenant un an, le 24 janvier dernier.