Les "nasses" jugées illégales par le Conseil d’État : "il n’y a jamais de concertation avec les gens sur le terrain"

Le Conseil d’État juge illégales les "nasses" utilisées par les policiers lors des manifestations. Alain Vastel, secrétaire national en charge des CRS pour Unité-SGP Police FO, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 11 juin. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

L'utilisation des "nasses' par les policiers dans les manifestations est controversée (Zakaria Abdelkafi / AFP).

"Nous devons maintenir la liberté d’aller et venir"

Qu’est-ce qu’une nasse dans une manifestation ? "C’est une technique laissée à l’appréciation des responsables des services d’ordre des manifestations, explique Alain Vastel, secrétaire national en charge des CRS pour Unité-SGP Police FO. Souvent au moment des dispersions, entre les manifestants paisibles, qui souhaitent quitter la manifestation et ceux que l’on souhaite interpeller."

En pratique, cela permet d’encercler les manifestants ? "C’est un peu le principe. Le maintien de l’ordre, c’est une matière mouvante qui nécessite de la réactivité. En même temps, nous devons maintenir la liberté d’aller et venir, ce qui est un peu reproché dans l’avis du Conseil d’État. C’est aussi permettre à ceux qui ne sont pas concernés par la manifestation de garder leur liberté d’aller et venir."

"Répression, le mot est un peu fort"

Le Conseil d’État affirme qu’il pourrait avoir des dérives avec l’utilisation de ces nasses. "Il y a toujours un risque avec ces manifestations. Tant dans la mise en place du schéma du maintien de l’ordre que dans l’avis du conseil d’État, il n’y a jamais de concertation avec les gens sur le terrain, particulièrement les forces de sécurité intérieure. Dans l’arsenal technique et tactique qui nous était encore offert jusqu’à cette décision, on nous le retire sine die sans nous offrir de solutions alternatives. Samedi, sur les manifestations, mes collègues seront un peu plus exposés."

Les forces de maintien de l’ordre ne paient-elles pas aussi certains abus, et la répression de certaines manifestations, comme celle des Gilets Jaunes. "Répression, le mot est un peu fort, estime Alain Vastel. Il faut aussi recontextualiser. Il y a tout ce qui est venu s’agréger dans ces cortèges. Nous devons pouvoir garantir, à ceux qui veulent exprimer leur mécontentement, la sécurité pour pouvoir le faire en toute quiétude."

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