Les "gilets jaunes" dans la rue et sur les ronds-points pour leur anniversaire

- "Retour aux ronds-points" - Pour cet "acte 53", la "révolte des ronds-points", née il y a un an pour protester contre une taxe sur le carburant avant de devenir un ample mouvement de contestation qui a bouleversé le mandat d'Emmanuel Macron, espère regagner des couleurs. Alors que le gouvernement a concédé primes d'activité, heures […]

Protesters break the windows of a bank near the Porte d'Italie in Paris on November 16, 2019, during clashes on the sidelines of a demonstration marking the first anniversary of the "yellow vest" (gilets jaunes) movement. - French "yellow vest" protesters are planning a series of nationwide demonstrations this weekend in a bid to show the government they can still muster support on the first anniversary of their movement. Numbers attending the protests and levels of violence have sharply diminished in recent months from the height of the movement, which began on November 17 last year with a giant Paris protest that drew almost 300,000 people. (Photo by Philippe LOPEZ / AFP)

- "Retour aux ronds-points" -

Pour cet "acte 53", la "révolte des ronds-points", née il y a un an pour protester contre une taxe sur le carburant avant de devenir un ample mouvement de contestation qui a bouleversé le mandat d'Emmanuel Macron, espère regagner des couleurs.

Alors que le gouvernement a concédé primes d'activité, heures supplémentaires défiscalisées et organisé un vaste débat national, le mouvement s'est peu à peu étiolé dans la rue.

Les dernières manifestations n'ont jamais rassemblé plus de quelques milliers de personnes, très loin des 282.000 manifestants recensés le 17 novembre 2018 lors du samedi inaugural.

Un an après, les multiples revendications de cette vaste contestation demeurent: baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, retour de l'ISF, référendum d'initiative citoyenne. Plus de 270 actions sont annoncées tout le week-end, partout en France.

En régions, les premières manifestations ont démarré dans la matinée. Dans le sud-est, les "gilets jaunes" ont réinvesti certains ronds-points, distribuant tracts aux automobilistes, sans dégradation ni importante perturbation.

Près de Bordeaux, ancien bastion de la mobilisation des "gilets jaunes", environ une centaine de manifestants, rassemblés sous une pluie battante et encadrés par un important dispositif de gendarmes ont brièvement effectué une opération pacifique de péage gratuit à Langon, dans le sud de la Gironde, sur l'A62 Toulouse-Bordeaux, avant d'improviser une opération-escargot en traversant aux différents rond-points du secteur.

Des rassemblements sont aussi programmés à Lille, Lyon, Nantes et Toulouse.

Mais c'est dans la capitale qu'est attendu le gros des troupes. La préfecture de police a multiplié les périmètres interdits à la manifestation, notamment autour des Champs-Elysées, pour tenter d'éviter de revivre violences et saccages.

Aux abords de la célèbre avenue, John, venu de Dijon, veut tenter sa chance quand même: "Si on vient sur les Champs c'est parce qu'on n'a pas de réponse de Macron à part le mépris total. On ne met plus de gilet aujourd'hui parce qu'on est catalogués. Si on est en colère c'est à cause des taxes et du gazole qui n'arrêtent pas d'augmenter. On continuera de manifester jusqu'à ce que ça bouge", promet-il.

Si une figure de la contestation, Éric Drouet, a appelé à un rassemblement non déclaré en vue de tenter de gagner l'avenue, d'autres visages du mouvement sont annoncés dans des cortèges autorisés, comme Priscillia Ludosky pour la marche qui partira de place d'Italie en direction de la Gare du Nord.

Parmi tous ces rassemblements, les autorités attendent "200 à 300 ultra-jaunes et 100 à 200 militants d'ultragauche" à Paris, selon la source sécuritaire qui pronostique un "samedi compliqué". Plusieurs actions de blocages sont par ailleurs annoncées dans des "temples de la consommation", comme Ikea (Madeleine) ou Nike (Forum des Halles).

A Grenoble, une manifestation unitaire doit réunir syndicats, "gilets jaunes" et associations: les organisateurs y voient une "préparation au 5 décembre", date d'une grève interprofessionnelle redoutée par l'exécutif.

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