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Meurtre d’Agnès Lassalle : le procès de l’élève s’ouvre

Le procès de l’élève accusé d’avoir tué son enseignante Agnès Lassalle en 2023 à Saint-Jean-de-Luz s’est ouvert. La cour doit déterminer sa responsabilité pénale, au cœur d’expertises psychiatriques contradictoires.

GAIZKA IROZ - AFP/Archives

"Comment un élève sans histoire a pu devenir un meutrier?" : le procès du jeune accusé de l'assassinat de l'enseignante Agnès Lassalle à Saint-Jean-de-Luz en 2023 a débuté mardi devant la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques, qui devra trancher la question de sa responsabilité pénale.

Le 22 février 2023, la professeure d'espagnol de 53 ans, qui enseignait depuis 1997 au collège-lycée privé catholique Saint-Thomas d'Aquin, a été tuée d'un coup de couteau à la poitrine porté par l'adolescent.

Stéphane Voirin, avec un T-Shirt en mémoire de son ex-compagne Agnès Lassalle, au premier jour du procès du jeune élève qui l'a poignardé, le 21 avril 2026 à Pau

Stéphane Voirin, avec un T-Shirt en mémoire de son ex-compagne Agnès Lassalle, au premier jour du procès du jeune élève qui l'a poignardé, le 21 avril 2026 à Pau

Gaizka IROZ - AFP

A 09H45 ce jour-là, le garçon, alors âgé de 16 ans, se lève, verrouille la porte de la salle et se retourne avant d'aller frapper Agnès Lassalle au niveau du coeur avec un couteau de cuisine "d'un coup sec", selon les témoins de la scène qui prennent la fuite.

Le jeune accusé, grand et corpulent, est entré entièrement vêtu de noir dans le box mardi matin. Dans la salle ont pris place ses parents, mais aussi les proches d'Agnès Lassalle, dont ses soeurs, ses parents et son compagnon, Stéphane Voirin, qui avait ému le pays en dansant, seul, devant son cercueil.

- Expertises psychiatriques contradictoires -

Vêtu d'un tee-shirt noir avec une photo du couple en train de danser, il a expliqué n'avoir "aucun désir de vengeance" mais espère que le procès ne se "limitera pas" à une bataille d'experts "parce que le dossier est autrement plus conséquent". Il a changé de haut à la mi-journée, arborant un autre cliché d'Agnès Lassalle.

L'accusé, aujourd'hui âgé de 19 ans, a notamment expliqué qu'une "petite voix" l'aurait incité à "faire le mal". Les expertises psychiatriques réalisées pour évaluer sa responsabilité pénale s'avèrent contradictoires.

L'une écarte tout "trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli ou altéré son discernement ou le contrôle de ses actes", une autre parle d'un discernement "légèrement altéré" quand un dernier rapport remis en novembre 2024 le juge "aboli".

Le compagnon d'Agnès Lassalle, Stéphane Voirin, danse près du cercueil de l'enseignante poignardée dans sa salle de classe, le 3 mars 2003 lors des obsèques célébrées à Biarritz

Le compagnon d'Agnès Lassalle, Stéphane Voirin, danse près du cercueil de l'enseignante poignardée dans sa salle de classe, le 3 mars 2003 lors des obsèques célébrées à Biarritz

GAIZKA IROZ - AFP/Archives

"Nous devons tenter de cerner ce qui a pu favoriser le passage à l'acte d'un jeune homme qui, jusque-là, n'avait jamais fait parler de lui (...) non pour pardonner, non pour justifier, mais pour comprendre comment un élève sans histoire a pu devenir un meurtrier", a déclaré son avocat, Me Thierry Sagardoytho, qui n'a pas souhaité faire davantage de commentaires à la mi-journée.

La première matinée de ce procès, dont le verdict est attendu vendredi, a été consacrée à la personnalité de l'accusé, "qui n'a pas versé une larme" et a montré "un criant manque d'empathie", selon les avocats de la partie civile.

- Dépression grave -

L'accusé est resté "très superficiel" et "ses parents, très émus, étaient en contradiction avec l'attitude qu'a eue l'accusé. On a encore espoir que ça puisse changer", a ajouté Me France Deiss-Rabbé. "Le père était effondré de la douleur que son fils avait pu provoquer et on aurait aimé que l'enfant ait les mêmes mots", a renchéri Me Sébastien Binet.

Des proches assistent aux obsèques de la professeure Agnès Lassalle à l'église Sainte-Eugénie de Biarritz, le 3 mars 2023 dans les Pyrénées-Atlantiques

Des proches assistent aux obsèques de la professeure Agnès Lassalle à l'église Sainte-Eugénie de Biarritz, le 3 mars 2023 dans les Pyrénées-Atlantiques

GAIZKA IROZ - AFP/Archives

L'adolescent était suivi pour une dépression grave et prenait un traitement, de la Sertraline, déconseillé aux moins de 18 ans mais "l'un des plus prescrits chez les adolescents en France", a relevé un expert pharmacologue mandaté pendant l'instruction.

Poursuivi pour assassinat, il avait récupéré le couteau la veille chez son père, l'enroulant dans du papier essuie-tout et le glissant dans son sac pour aller au lycée le lendemain.

Ce drame avait secoué la communauté éducative, un peu plus de deux ans après l'assassinat de Samuel Paty. Huit mois plus tard, un autre professeur, Dominique Bernard, avait été poignardé à mort devant son établissement par un ancien élève fiché pour radicalisation islamiste.

L'AFP a recensé une dizaine de meurtres de professeurs depuis une quarantaine d'années dans le cadre de leur fonction.

Par Carole SUHAS / Pau (France) (AFP) / © 2026 AFP

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