L'édito de Thierry Guerrier : "Derrière cette controverse sur les éoliennes, c’est en fait la politique écologique d’Emmanuel Macron, et ses contradictions, qui sont pointées du doigt à un an de la présidentielle"

Dans son édito politique ce matin, Thierry Guerrier revient sur une polémique qui a fait irruption au cœur de la campagne des élections régionales qui auront lieu dans 15 jours : "pour ou contre les éoliennes" ?

Dans son édito politique ce matin, Thierry Guerrier revient sur une polémique qui a fait irruption au cœur de la campagne des élections régionales qui auront lieu dans 15 jours : "pour ou contre les éoliennes" ?

"C’est une controverse très intéressante, car elle est révélatrice de la tournure politique du débat sur l’écologie. En marge des grands sujets de société qui sont au centre des régionales des 20 et 27 juin prochain (la sécurité et la santé, 1ers thèmes cités par les français), a donc surgit aussi cette question posée par certains candidats : "comment mettre fin au déploiement, anarchique selon eux, de champs d’éoliennes qui défigurent les paysages de nos régions ?"

Certaines têtes de liste, LR, mais aussi RN, font activement campagne contre l’installation de nouvelles éoliennes chez eux. Ils ont choisi de rebondir là, sur l’opposition montante - qu’ils ont bien senti - de populations qui n’acceptent plus de voir leur environnement, le décor de leur cadre de vie, défigurés… sans parler des nuisances sonores, de la pollution des sols et de la menace pour les oiseaux, que ces éoliennes géantes représentes. Ces candidats affirment qu’ils suspendront les programmes d’installations d’éoliennes, s’ils gagnent la région".

Mais pourquoi ce débat, plutôt local au départ, s’est il emballé ces derniers jours ?

"C’est une tribune alarmiste de Stéphane Bern (publiée il y a pile une semaine dans Le Figaro), qui a mis le feu aux poudres. Le populaire défenseur du patrimoine s’en est pris à ces installations massives d’éoliennes décrétées par le gouvernement, qui veut doubler leur capacité de production électrique d’ici à 2030. Stéphane Bern, rappelant par exemple que les matériaux utilisés pour fabriquer ces gigantesques moulins modernes ne sont pas tous recyclables, et s’indignant de l’impact sur les paysages s’est exclamé : "vous n’entendez donc pas cette colère qui monte dans nos campagnes ?"

L’impact de cette tribune a été tel qu’il a obligé Barbara Pompili, l’actuelle ministre de la Transition Écologique, à monter au créneau pour se défendre. Le principal argument de la ministre - qui a parlé d’hystérisation du débat - c’est que la France ne doit pas mettre tous ses œufs énergétiques dans le même panier. En gros, que la France n’a pas le choix et qu’elle doit impérativement développer éolien et photovoltaïque pour réduire la part du nucléaire".

"Mais c’est ce qu’a décidé la loi "climat", elle a raison non ? on n’a pas le choix ?"

"La difficulté pour la ministre (ex-écologiste elle même), c’est que cette polémique sur les éoliennes a relancé le débat sur la fermeture de nos centrales nucléaires, "injustifiées", "décision purement idéologique" pour les défenseurs de l’électricité nucléaire qui ont rebondi pour rappeler que grâce au nucléaire, l’électricité française est décarbonée à 97%. Et ils ont eu cet argument imparable : en Allemagne où l’éolien a remplacé le nucléaire, la production de gaz à effets de serres a augmenté. Car quand il n’y a plus de vent, c’est le gaz fossile qui le remplace. Un choix politique absurde, pour faire plaisir aux Verts.

Vous voyez que derrière cette controverse sur les éoliennes, c’est en fait la politique écologique d’Emmanuel Macron, et ses contradictions, qui sont pointées du doigt, par ses adversaires, à un an de la présidentielle.