Le Tarn repasse en partie à 90 km/h: "Je passais des quarts d'heure entiers derrière les poids-lourds"

En 2020, jamais les chiffres des accidents de la route n’ont été jamais aussi bas, confinement oblige. Difficile alors de se faire une idée générale des effets du 80 km/h. C'est pourtant dans ce contexte que 35 départements sont repassés aux 90km/h. Dernier à le faire: le Tarn . Plusieurs dizaine de kilomètres de routes départementales voient leur vitesse revue à la hausse.

(SEBASTIEN BOZON / AFP)
Reportage Sud Radio de Christine Bouillot

 

Au total, ce sont 177 km de routes départementales qui repassent dès ce matin au 90 km/h, comme la D999 reliant Albi, préfecture du Tarn au département de l’Aveyron. Un axe très fréquenté (entre 8000 est 15.000 véhicules par jour), où l’abaissement de la vitesse n'avait pas été bien vécu. Claude Pagès est élu du village de Cambon, traversé par cette D999:

"Je roule énormément. Je m'étais aperçu que je passais des quarts d'heure entiers derrière des poids-lourds. Sur des routes aménagées pour ça, j'avais du mal à comprendre pourquoi on était resté à 80" - Claude Pagès

 

Depuis son entrée en application en juillet 2018, le 80 km/h n’a pas convaincu dans ces départements où la voiture reste indispensable pour tout déplacement. "S'il faut attendre trois quarts d'heure ou une heure sur Albi, prendre le bus de lignes pour remonter sur Cambon ou Cunac... Les gens ne le font pas, donc ils prennent la voiture."  Le Tarn rejoint ainsi les 35 départements en France qui ont déjà fait le choix de relever la vitesse : un choix assumé par le président du département, Christophe Ramon .

"Le 80 km/h, dans notre département, sur ces axes là, n'a pas permis une baisse significative du nombre d'accidents... J'assume ma responsabilité: quand il faut mettre à 70, on le fait. On connaît nos routes, on est des élus de terrain, on tient compte aussi des besoins exprimés par la population !" - Christophe Ramon, président du conseil départemental du Tarn

Le feu vert a été donné par la Commission départementale de la Sécurité routière, donnant un avis favorable à ce retour du 90 sur cinq axes jugés prioritaires. Les chiffres des accidents ne démontrent pas une efficacité de cet abaissement, selon le président du Tarn: un département qui n’exclue pas une extension du 90 km/h si l’expérimentation est concluante.