Le secret de la confession est-il plus fort que les lois de la République ?

Au lendemain de la publication du rapport Sauvé sur la pédocriminalité au sein de l'Église catholique, Monseigneur de Moulins-Beaufort, le président de la conférence des évêques de France, a affirmé chez nos confrères de Radio France que le secret de la confession était plus fort que les lois de la République. Une phrase polémique, au point que l'évêque est convoqué mardi 12 octobre chez le ministre de l'Intérieur. Des messages ont même afflué sur Twitter de catholiques qui demandent une réforme profonde de l'institution sous le hashtag #AussiMonEglise. Le sujet fait beaucoup de bruit et fait débat chez les croyants, comme devant l'église Saint-Eustache à Paris.

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Monseigneur de Moulins-Beaufort, le président de la conférence des évêques de France, a affirmé que le secret de la confession était plus fort que les lois de la République. © AFP

Reportage d'Adeline Divoux pour Sud Radio

 

"On ne doit pas forcer un prêtre à révéler le secret de la confession"

L'objectif est de s'en tenir au rapport Sauvé, estime Hiep. Ce catholique ne digère pas les propos du président de la conférence des évêques de France : "Il y a beaucoup de recommandations, rappelle-t-il. Que l'Église se saisisse de cela et prépare un plan d'action plutôt que parler du secret de confession et dire qu'elle n'a pas d'argent pour réparer, c'est très choquant !"

Mais pour Élisa, tout remettre en question pose un problème d'éthique : "on ne force pas un psychologue à révéler les secrets de son patient, donc on ne doit pas forcer un prêtre à révéler le secret de la confession", estime-t-elle.

Rapport Sauvé : "Le droit doit s'appliquer partout..."

Au contraire, le secret médical comporte des exceptions, insiste Jérémie, lui-même médecin. "On a des dérogations obligatoires, notamment pour les mineurs de moins de 15 ans ou un adulte vulnérable, rappelle-t-il. Quand on nous rapporte des faits où ils sont mis en danger, on a l'obligation légale de le déclarer au procureur de la République. Je ne vois pas pourquoi ce serait différent ! On est dans un pays où on est assez d'accord pour dire que le droit doit s'appliquer partout..."

Monseigneur de Moulins-Beaufort, lui, campe sur ses positions : selon lui, le secret de la confession a toujours été respecté par la République. Il a néanmoins accepté la rencontre avec le ministre de l'Intérieur mardi 12 octobre.

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