Le regard libre d'Élisabeth Lévy - "Un journaliste qui se présente avec le RN, ça montre la banalisation du RN"

Élisabeth Lévy revient sur le départ de Philippe Ballard de LCI qui quitte le journalisme pour le rejoindre le RN pour les Régionales.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Élisabeth Lévy revient sur le départ de Philippe Ballard de LCI qui quitte le journalisme pour rejoindre le RN pour les Régionales.

Après 37 ans de carrière, le journalisme qui officiait sur LCI saute le pas. Il sera tête de liste du RN à Paris. Ce sont un peu les mêmes arguments que les généraux. Il Parle de déclin, d'immigration incontrôlée, d'insécurité, le communautarisme, la mondialisation. "Pour ne pas laisser à mes enfants et petits-enfants ce pays archipélisé, où des pompiers se font caillasser et où l'économie est à genoux".

Le clergé médiatique ne l’a pas traité de factieux et ne pourra pas l’excommunier puisqu’il quitte les médias. Quelques offuscations du côté de Télérama. Pour Samuel Gontier, la preuve que tous ces gens sur LCI c’est rien que des fachos (traduction personnelle). 

Ça fait de la mousse car les journalistes adorent parler des journalistes. Mais ce qui frappe c’est que ça ne fait pas vraiment scandale. 

Cela montre la banalisation du RN. Il y a quelques années, ça aurait été une bombe. Le traitre aurait été mis au ban par ses amis. Aujourd’hui, on peut s’afficher RN et rester fréquentable. Il serait temps que les antifascistes d’opérette trouvent autre chose que "vous faites le jeu du RN".

Peut-on être journaliste et militant, voire élu ? 

Militant actif, c’est compliqué sauf dans un média d’opinion comme le patron de l’Humanité par exemple. Question : peut-on être journaliste et avoir des opinions politiques ? Le problème n’est pas d’avoir des opinions, mais de considérer qu’elles sont la vérité. Par exemple, si on parle de la Manif pour tous sur France Inter. 

Pendant longtemps, la réponse a été oui, si on a la bonne. Le journaliste et être de gauche, c’était pareil. En 1997, une sondage pour Marianne dit : 80 % des journalistes votaient Jospin. Personne ne conteste que Plenel soit journaliste. 

Fait nouveau : des journalistes s’affichent clairement de droite. Cela s’appelle le pluralisme. Au début, c'était dénoncé comme un putsch des nouveaux réacs. Le cas de Zemmour est intéressant. Il ne cache pas sa vision du monde. Beaucoup de gens voudraient qu’il se présente. Il a des raisons d’hésiter car il a bien plus de pouvoir que beaucoup de ministres qui envient sa popularité. Quand un politique semble impuissante, un journalisme est peut-être la continuation de la politique par d’autres moyens.