Le regard libre d'Élisabeth Lévy : "Manuel Valls sur BFMTV ? Où est le problème ? Il a été au cœur de pouvoir et sera un excellent chroniqueur"

Manuel Valls devient chroniqueur sur BFMTV et RMC. Si cette décision a été vivement critiquée, Élisabeth prend le contre pied à cette vague d'indignation et salue le choix de l'ancien Premier ministre.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Manuel Valls devient chroniqueur sur BFMTV et RMC. Si cette décision a été vivement critiquée, Élisabeth prend le contre pied à cette vague d'indignation et salue le choix de l'ancien Premier ministre.

Manuel Valls fera donc un débat face à Alain Duhamel sur BFMTV. L’annonce de cette reconversion a lancé un concours de saloperies numériques sur le thème : il mange tous les râteliers.

Comme c’est les vacances, je vous fais un cadeau : le tweet de Mélenchon : "Droite, extrême droite quasi hégémoniques dans l'audiovisuel avec Valeurs actuelles, Marianne, Le Point et L'Express, idem les hebdos. Pour bien préparer votre exil politique : Mexique ou Costa Rica ?"

Je proposerais plutôt à notre "lider maximo" une retraite au Venezuela. En réalité, Valls est européen, Duhamel européiste. BFM c'est 50 nuances de sociaux-démocrates avec, en plus Natacha Polony. 

Les politiques hurlent à la désacralisation. La bonne blague. Ils sont tous prêts à vendre père et mère pour passer à la télé pour une bonne raison. Plus de préaux. Plus de permanences. C’est dans les médias que les popularités se font et se défont. 

Les journalistes hurlent à la concurrence déloyale : "Il y a des chômeurs et on fait bosser des gens qui n’ont même pas de carte de presse"

Tout de même, c'est un mélange des genres gênant, non ? 

En l’occurrence, ce n'est pas un mélange des genres. Manuel Valls change de métier. D’acteur, il devient observateur. Est-ce que quelqu’un s’émeut quand un footballeur devient commentateur sportif ? Tout le monde s’extasie si un cadre licencié "rebondit", on répète tout le temps que la politique n’est pas un métier mais un élu remercié par ses électeurs devrait rester chômeur toute sa vie ? 

Depuis longtemps, les passages des médias à la politique, généralement locale, sont nombreux : Mamère, Carolis, Ménard, Ballard. Peut-être Zemmour ?

La nouveauté est que les politiques deviennent des commentateurs. Parfois les deux en même temps. Avec quatre chaines info qui consomment de l’invité/chroniqueur, beaucoup de députés ont leur rond de serviette sur un plateau. Parfois il y a même des allers-retours comme avec Roselyne Bachelot. 

Où est le problème ? Un élu, un dirigeant de parti ont au moins autant de légitimité que vous et moi pour exprimer une opinion. Manuel Valls a été au cœur de pouvoir, il connaît la classe politique, il sera un excellent chroniqueur/analyste. Arrêtons de faire les oies blanches. Les médias sont le premier pouvoir. Ce qui veut dire que le journalisme est la continuation de la politique par d’autres moyens. Ou inversement.