Le regard libre d'Élisabeth Lévy - "Les associations féministes commencent à me courir sur le haricot !"

Une part du public et des artistes déplore la présence de Roman Polanski dans les nominés aux Césars 2020. Dans cet engouement soudain, les associations féministes s'indignent et rêvent de clouer le réalisateur au pilori. Mais selon Élisabeth Lévy, leur silence sur d'autres sujets comme Mila ou Cologne est suspect. Car "elles ne s'indignent que sur le mâle blanc qu'elles vomissent".

Le regard libre d'Elisabeth Lévy

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"Les associations sont censées s'occuper de cinéma ? Elles ont un point de vue sur les films ? Non ! Donc qu'elles se taisent, les Césars ne sont pas leurs oignons, je commence à en avoir assez que tout le monde se mêle de cette histoire et en profite pour afficher ses signes extérieurs de vertu. Un jour c'est les ours polaires, un autre les femmes, ou encore les migrants. Je n'ai pas besoin de leurs leçons de morale. En l'occurrence, personne ne reproche à Polanski quelque chose de récent.

Sur l'affaire Samantha Geimer, il n'a pas été poursuivi pour viol mais pour relation illicite avec une mineure. Une relation qu'il n'aurait évidemment pas dû avoir, qui s'est déroulée dans les années 70 à Los Angeles qui est, on le rappelle, loin d'être le couvent des oiseaux. La victime a pardonné, le réalisateur a fui la justice américaine car il risquait 30 à 40 ans de prison ferme. Au lendemain du jour où le délai de prescription tombe, des tas de femmes nous expliquent qu'elles ont été violées. Mais encore une fois, la justice ne peut pas être rendue de cette façon. Je parle de ces accusations aussi graves que personne ne pourra réfuter dans de bonnes conditions et que tout le monde prend pour argent comptant. Les associations féministes commencent à me courir sur le haricot !

On ne les a pas entendues sur Mila - pourtant victime de sexisme, d'homophobie et de racisme - ni sur Cologne ! On ne les entends que sur le mâle blanc qu'elles vomissent. L'indignation sélective. Le plus important, c'est de dire que les Césars, c'est du cinéma ! On juge un film, un artiste et Roman Polanski en est un grand. J'ajoute que son existence tourmentée pourrait peut-être lui valoir quelque indulgence mais ces groupes ne connaissent pas l'indulgence.

Le public a voté : il n'écoute pas les oukases de ces associations, il est allé voir J'accuse et il a bien raison !"