Le regard libre d'Elisabeth Lévy - Déconfinement conditionnel, entre répression et punition

Le déconfinement opère dès aujourd'hui dans toutes les villes de France et c'est l'occasion pour nombre de maires d'empiéter - encore - sur le champ des libertés individuelles. Si nous sommes les souris de laboratoire de leurs idéologies, quand allons-nous dire merde à leurs lois stupides ?

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Ça y est, nous sommes libres de nous déplacer !

Libres avec attestations, coupons, réservations, justifications, contrôles et sanctions : à savoir la fameuse amende de 135 euros appliquée aux contrevenants. Si vous dépassez les 100 kilomètres sans raison impérieuse - laissée à l’appréciation des forces de l’ordre, ça promet -, si vous prenez un train sans réservation et sans coupon, ou encore le métro sans attestation de votre employeur, allez en prison. Ne passez pas par la case départ mais passez à la caisse. 

De toute façon, les Français (pour 62 % d’entre eux) se méfient des transports en commun comme le montre notre sondage Ifop-Fiducial.

En effet, et les protocoles, arrêtés, circulaires et autres règles inventées par le génie bureaucratique et répressif pour répondre à l’exigence de risque zéro de la société en général et des syndicats en particulier n’y font rien. 

La réponse des transporteurs ? Restreindre l’offre. Puisque les gens ont peur d’être trop serrés dans le métro ou le TER, il y en aura moins. Même logique autoritaire et punitive - voire un brin sadique - avec les Français qui veulent prendre leur bagnole : plusieurs élus ont décidé de les punir. Une sorte de libido de la rééducation. Ces derniers veulent fabriquer un homme nouveau et nous sommes leurs souris de laboratoire. 

La voiture, c’est polluant ?

Fumer, boire et manger gras, c’est aussi mauvais pour la santé. Donc le duo diabolique Lallement/Hidalgo va interdire la vente d’alcool ? Pour l’instant, ils ont une obsession : remplacer la voiture par le vélo. Et ce n’est pas qu’un sujet parisien. À Bordeaux, Grenoble, ou Toulouse, tous nos “grands maires” font du vélo. Une politique merveilleuse pour les habitants des centre-ville et qui enquiquine les habitants de la France périphérique et des banlieues, les héros ordinaires qu’on applaudissait hier et qui sont maintenant priés de filer doux et à heures fixes. 

La preuve...

La preuve par l’Île-de-France. Si vous êtes professeur, policier, artisan ou agent de ménage, que vous ne pouvez pas vous loger à 10 000 euros le mètre carré, venez nous servir mais pas polluer nos jolis poumons de bobos élevés au bio. Laissez votre voiture aux portes de notre ville. Dans leur extrême bonté, Valérie Pécresse et Anne Hidalgo vous offrent le parking. Et là, le vélo ou le métro avec attestation sont conçus pour les sans-grades qui pointent. Les cadres auront des taxis et les horaires qu’ils veulent. 

Les philosophes se demandent quand on a le droit ou le devoir de se révolter contre une loi inique. Moi, je demande à quel moment les Français, recouvrant l’allégresse de la liberté, diront merde à des lois stupides. Même si elles sont faites pour leur bien.