Le regard libre d'Élisabeth Levy après l'agression de Yuriy: "L’ensauvagement de la société n’est pas une invention des populistes"

Élisabeth Levy est revenue sur l'agression de Yuriy par une dizaine de jeunes dans la 15e arrondissement de Paris.

Élisabeth Lévy

Ce matin, vous voulez revenir sur le lynchage du jeune Yuriy

Elle a eu lieu il y a dix jours et avait été relatée par des articles. Mais ce qui a provoqué un émoi national, expression du Monde, c’est la diffusion de la vidéo de l’agression sur Twitter. Ce sont probablement des images de vidéo-surveillance filmées par un portable. Cela en dit long sur l’influence respective des images et des mots. S’il n’y avait eu que des articles dans la presse, on n’en aurait pas parlé. 

Cette scène de 25 secondes a été visionnée des millions de fois bien qu’elle soit particulièrement éprouvante ou peut-être pour cela. C'est un déchaînement de violence à dix contre un. 

Mais en dehors de la sidération, que peut-on en dire ? 

Que l’ensauvagement de la société n’est pas une invention des populistes.  La France "Orange mécanique" existe et l’insécurité n’est pas un sentiment. Problème, l’impuissance non plus n’est pas un sentiment mais une réalité. On a beau multiplier les proclamations, chaque jour, des agressions ultra-violentes, des policiers tabassés. 

Comment expliquer ce phénomène ? 

C'est l'émergence d’une nouvelle forme de violence gratuite ou pour des broutilles. On peut se faire tuer ou un mot pour un regard de travers. Selon le Dr Maurice Berger, pédopsychiatre qui travaille avec des délinquants, c'est souvent le fait de très jeunes qui n’ont reçu aucune éducation: ni stimulation affective, ni sens de la limite. Ajoutons l’effet des écrans et de la virtualisation du monde. Résultat : aucune empathie aucune culpabilité. C'est la définition du psychopathe. 

Que faire alors ? 

D’abord, arrêter d’être complaisant avec tous ceux qui expliquent que le problème de la France c’est les violences policières. Ensuite, tout le monde invoque la réponse pénale insuffisante. Certes. Mais même si la justice passe, cela ne règle pas le problème. Ils sortiront. Or, il faut admettre que certains sont irrécupérables. Quand un môme n’a aucun sens du bien et du mal à 15 ans, c’est trop tard il faudrait lui inculquer des efforts et un investissement qu’aucun Etat ne peut faire. Donc, seule réponse: répression et sanction de la récidive. 

Par ailleurs, au-delà du cas de Yuriy, on sait qu’une grande partie de ces violences sont commises par des Français d’origine étrangère ou des étrangers. Alors, nous devons bien nous débrouiller avec nos sauvageons, mais il faudrait arrêter d’en importer.