Le regard libre d'Élisabeth Lévy : "Amateur de Bach et Rossini, Macron joue au jeune avec Bieber. Et il joue mal. Pourtant, ça a l’air de marcher"

À l’Elysée aussi, lundi, c’était la fête de la musique. Justin Bieber était même invité sa demande le lendemain. Et cela n'a pas plus à Élisabeth Lévy.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

À l’Elysée aussi, lundi, c’était la fête de la musique. Justin Bieber était même invité sa demande le lendemain. Et cela n'a pas plus à Élisabeth Lévy.

Question musique on a plutôt progressé. En 2018, Emmanuel Macron s’était affiché avec le DJ Kiddy Smile et ses danseurs courts vêtus. Arrivé avec un T Shirt "fils d’immigrés Noir et Pédé", avec un programme festif : "Brûlons cette maison, ce soir ! Cramons-la". 

Cette année, pendant que la police faisait la chasse aux jeunes fêtards dans les rues, les invités du Président se trémoussaient sagement sur des tabourets, masque sur le nez, au son de Jean-Michel Jarre. À ma connaissance, le pionnier de la musique électro française était habillé et poli. 

Quelques heures plus tôt, alors que toute la macronie se répandait en lamentations sur la crise de la démocratie, le Président et madame recevaient l’ex enfant-prodige de la chanson Justin Bieber et son épouse mannequin. Sur la photo des deux couples diffusée par le canadien aux 179 millions d’abonnés, on voit d’abord ses tennis bleues pétaradantes d’une vulgarité assumée. Au moins, il n’a pas chanté. 

Vous ne seriez pas un peu vieux jeu, voire psycho-rigide ? 

Sûrement mais l’Élysée n’est pas une boite de nuit, ni le bistrot du coin, c’est la demeure du roi dont Emmanuel Macron prétend être le continuateur. On a imposé chemise et cravate aux Bleus victorieux pour y entrer, on peut attendre des visiteurs des chaussures de ville. 

L’histoire de la musique n’a pas commencé en 1980. La France est forte d’une grande tradition classique et lyrique. Jouer Carmen, menacée de censure, ça aurait eu de la gueule et tout le monde aime, même les jeunes. Jérôme Leroy dit : Louis XIV avait Lulli, Macron a Bieber. Le niveau monte.

Vous me direz que tout le monde a le droit à une vie privée. Sauf que c'est tout sauf privé, une démonstration de coolitude à destination des caméras. Ivan Alexandre dans Diapason : Macrona fait dix ans de piano au conservatoire d’Amiens, il en avait un à Bercy. Amateur de Bach et Rossini, Macron joue au jeune. Et il joue mal. Pourtant, ça a l’air de marcher. Alors amis jeunes, réveillez-vous ! On vous prend pour des jambons.