"Le paracétamol n'est pas un médicament antiviral"

La vente de paracétamol a été restreinte en pharmacie et suspendue sur Internet à partir du mercredi 18 mars 2020, a annoncé l'Agence du médicament (ANSM).

Le paracétamol est rationné en pharmacie et suspendu sur Internet à partir d’aujourd’hui. © AFP

Pour expliquer les raisons de cette décision et rappeler les consignes sanitaires, Jean Sibilia, doyen de la faculté de médecine de Strasbourg et rhumatologue, était l’invité de Patrick Roger le 18 mars 2020 dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

 

"La fièvre est une réponse normale du corps humain"

Le docteur Jean Sibilia a tout d’abord tenu à expliquer que cette restriction ne tient pas à une pénurie. "Il n’y a aucune rupture de stock de paracétamol. Il faut savoir que c’est un médicament préconisé en cas de fièvre ou de douleurs, mais ce n’est pas un médicament antiviral".

À partir de quel moment doit-on s’inquiéter d’avoir le Covid-19 ? "Clairement, en cas de petits symptômes, comme de la fièvre ou des petites douleurs, on peut parfaitement rester confiné chez soi, prendre un grog, une tisane et du miel et attendre quelques jours. Il n’y a aucune urgence à consulter ni de prendre du paracétamol. La fièvre est une réponse normale, c’est une réponse de défense face aux infections générales.

Mais à partir du moment où la grippe devient plus importante, où apparaît un symptôme respiratoire (et c’est le point le plus important) : de la difficulté à respirer, une toux qui s’amplifie… il faut consulter par téléphone son médecin traitant, qui vous orientera en fonction des symptômes", a expliqué le docteur Sibilia.

"Le confinement permet de casser la transmission du virus"

"Si on respecte le confinement, on coupera la propagation du virus : c’est une stratégie qui a été utilisée par d’autres, notamment la Chine, avec un certain succès. Un virus ne peut pas vivre seul, il ne vit que parce qu’il se transmet. Le confinement permet de casser la transmission du virus. Que les auditeurs comprennent bien : pas de réunions familiales, pas de réunions amicales : il faut vraiment casser la courbe que le ministre nous a montrée".

Et si on a un cas suspect au sein de la famille ? "Ce membre de la famille doit alors s’isoler, dormir dans une pièce séparée et porter un masque, le temps que les symptômes disparaissent, ce qui arrive dans 80% des cas. Il faut se laver les mains régulièrement et utiliser pendant quelques jours des couverts différents. Mais s’il n’y aucun symptôme au sein de la famille, la vie peut continuer de façon quasiment normale", a expliqué Jean Sibilia.

Jean Sibilia a aussi insisté sur la nécessité de protéger les personnes âgées. "Respectez vos anciens : pas de visites à la grand-mère ou au grand-père. Les enfants sont potentiellement porteurs, et ils ont beaucoup moins de symptômes que les adultes".

"Si vous n’avez pas de symptômes, le port du masque est inutile"

Quant au fait de fabriquer soi-même des masques, étant donné la pénurie actuelle, Jean Sibilia a répondu : "un masque doit être étanche, il doit être de qualité. Je ne crois pas qu’il faille favoriser la fabrication personnelle de masques. Restons sur ce qui a été dit jusqu’ici : si vous n’avez pas de symptômes, le port du masque est inutile".
"Grosso modo, pas de panique pour l’instant : mesures barrière, confinement et sérénité", a conclu Jean Sibilia.

 

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