Le manque de masques contre le coronavirus inquiète les professionnels de santé

Bertrand Legrand, médecin généraliste à Tourcoing, secrétaire général de la Confédération des syndicats médicaux français dans le Nord et le Pas-de-Calais, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 4 Mars. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

FRED DUFOUR - AFP/Archives

Une vidéo du Dr Bertrand Legrand, médecin généraliste à Tourcoing, tourne sur les réseaux sociaux. Selon lui, les professionnels de santé n'ont pas eu suffisamment de masques.

Tous les personnels soignants exposés

Un décret vient, tardivement, d'en annoncer la réquisition. Peut-on faire confiance à celles et ceux qui nous gouvernent ? "Je fais confiance à ce qu'ils déclarent. Ils déclarent avoir distribué 15 millions de masques qui ont permis à chaque professionnel de santé, médecin ou infirmier, de toucher une boîte de 50 masques. La consigne qui nous a été donnée était d'utiliser ces masques qui ne protègent pas le soignant avec un double masquage, en masquant le patient. On nous a défini un patient par celui qui tousse ou a de la fièvre." En pleine épidémie de grippe, la boîte est donc vite consommée...

 

Pour le secrétaire général de la Confédération des syndicats médicaux français dans le Nord et le Pas-de-Calais, "si l'on est capable de produire 200 millions de boîtes de masques, avec un simple calcul, cela signifie que l'on peut avoir 23 boîtes, soit 23 jours. Si l'on continue sur cette stratégie-là, tous les personnels soignants seront exposés au moment de la phase épidémique. C'est complètement stupide."

La France pas prête du tout pour la phase 3

Le 19 Février dernier, un Airbus 380 s'envolait vers Wuhan avec un fret de solidarité de 17 tonnes comprenant notamment des combinaisons médicales de protection, des masques, des gants et des produits désinfectants. Dans l'Hexagone, on reproche aux autorités de ne pas avoir assez anticipé la pénurie de masques. "Hier, le Président a décrété qu'il allait réquisitionner les masques. Le 19 février, on savait que l'on serait touché, dès le premier cas en Italie. Vu l'ampleur de l'épidémie en Chine, c'était quasiment certain. Nous ne sommes pas prêts du tout pour la phase 3."

Quelles précautions prendre ? "Ce sont des précautions d'usage classiques, on se lave les mains régulièrement. On essaie de prendre de la distance, le risque n'est pas d'avoir peur d'être infecté mais que si on l'est, nous allons infecter énormément de personnes. Si l'on ne protège pas la première ligne, on va amplifier cette épidémie." À l'inverse de la grippe, ici, les professionnels de santé ne sont pas vaccinés. La situation est donc plus comparable à celle d'une épidémie de gastro-entérite. "Il faut se poser dès maintenant la question de la capacité de la France d'avoir un stock de masques jusqu'au mois de mai. Si l'on en a pas assez pour tous les malades et les soignants, il va falloir déterminer quels professionnels masquer de manière empirique pour ne pas trop propager le virus."

 

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