Des dons humanitaires ont-ils financé l'organisation terroriste le Hamas ? Début octobre 2026, le PNAT, Parquet national antiterroriste, a mis en examen cinq personnes qui auraient utilisé des associations humanitaires françaises pour faire passer de l'argent au mouvement islamiste.
Un schéma de détournement "extrêmement classique"
Si cette révélation est en tout point choquante, Nathalie Goulet, sénatrice et spécialiste des questions liées au financement du terrorisme, confie au micro de Sud Radio n'être « pas du tout surprise. C'est un schéma extrêmement classique de collecte au profit d'une organisation humanitaire et qui finit dans des mains douteuses. La question est de savoir à quel moment il y a mauvaise foi. »
Deux associations françaises face à la justice
« Etaient-ils au courant que l'argent finissait dans les poches du Hamas ou bien pensaient-ils réellement que l'argent peut être destiné à des civils palestiniens ? » En tout cas, deux associations sont au cœur de l'affaire : l’association Baraka, basée en Gironde, et Ensemble c'est mieux, à Saint-Etienne. Le président de Baraka a été écroué le 6 octobre. Quatre autres présidents d'associations ont été mis en examen.
Des chefs d'accusations graves
Les charges retenues ? Financement d'une entreprise terroriste, abus de confiance en bande organisée et blanchiment. Des termes exacts, prononcés par le parquet qui pilote l'enquête. Le Trésor américain et le ministère de la justice des États-Unis qui ont également mis en lumière ces circuits de financement.
🔴Des millions de dollars détournés pour le Hamas, des présidents d'associations "humanitaires" françaises mises en examen 🗣️Nathalie Goulet (@senateur61) : "Faire revenir les fonds c'est impossible. Les rouages du transfert doivent être examinés" 📻Écoutez #ParlonsCash chaque matin à 8h15 et réagissez sur parlonscash@sudradio.fr
— Sud Radio (@SudRadio) October 7, 2026
Derrière des dons humanitaires, un trafic financier
Mais alors, comment ces dons collectés pour des civils palestiniens auraient-ils pu finir dans les caisses du Hamas ? D’après l'enquête, l'argent aurait été acheminé par un intermédiaire. L’homme serait vraisemblablement, un membre de la branche armée du Hamas. Les fonds étaient présentés aux donateurs comme soutien financier à des actions humanitaires pour les populations gazaouies.
Acteurs "malveillants", donateurs "de bonne foi"
Au total ? Plus de deux millions de dollars auraient été collectés en six ans. Un million et demi dans la seule période qui suit le 7 octobre 2023. « Ce qu'il va falloir prouver, c'est la bonne ou la mauvaise foi des acteurs et il faut remonter les filières. Mais le problème, c'est que dans ce cas, les donateurs sont de bonne foi. »
Nos dons ont-ils été détournés ?
Les nombreux donateurs, ignorants quant à la duperie, s’interrogent : Comment savoir si leur argent est allé au bon endroit ? La question reste pour l’instant, sans réponse. La loi oblige pourtant les associations à publier leurs comptes au-delà d'un certain seuil.
Mais très peu de donateurs les vérifient, et puis, il existe des outils comme le site « Don en confiance » qui labellise les associations sérieuses, mais ce label n'est pas obligatoire.
Des fonds circulants, difficiles à suivre
Et puis, « de toute façon, on ne peut pas savoir parce qu'une fois que les fonds sont envoyés à Gaza, par exemple, on ne connaît pas les bénéficiaires ni les destinataires directs. » Dons à des associations physiques, mais également en ligne : la vérification est extrêmement difficile.
« Et malheureusement, une fois que l'argent a été viré d'un compte français sur un compte à l'étranger, il n'y a plus aucun moyen de contrôle parce qu'en plus, il y a probablement encore du cash qui circule. »