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Trois ans après les attaques du 7 octobre, "un processus d’autodestruction"

Hamas, Netanyahu, Gaza... Des commémorations des attaques du 7 octobre 2023 sur fond de tension politique et géopolitique.

7 octobre 2023
L'armée israélienne découvrrant un charnier de civils au kibboutz Kfar Aza le 10 octobre 2023. (© AFP)

 Il y a trois ans, les attaques du 7 octobre contre Israël constituaient la pire attaque antisémite depuis la Deuxième Guerre Mondiale. On a recensé 1.231 victimes côté israélien, dont 36 enfants et 51 Français. La réponse de Netanyahu a été sans pitié. avec plusieurs milliers de palestiniens tués à Gaza.

7 Octobre : Le Hamas, "une réalisation par la mort"

Aujourd’hui, où en sommes-nous au Proche-Orient ? "il est clair que le drame terrible vécu par Israël il y a trois ans, et la mort de toutes ces personnes, a provoqué chez Netanyahu un réflexe de vengeance et une guerre de représailles, estime Sébastien Boussois, docteur en sciences politiques, au micro de Jacques Cardoze, sur l’antenne de Sud Radio. Cela aurait pu entraîner la fin du Hamas. Il a été extrêmement affaibli."

"La réalité est que l’idéologie est extrêmement présente. Comme dans toutes ces organisations, que ce soit le Hezbollah, les Houthis ou la république islamique d’Iran. Aujourd’hui, on estime qu’il y aurait encore 25 à 30.000 combattants du Hamas à Gaza. C’est-à-dire exactement le même nombre qu’avant le 7 octobre. Depuis des décennies, il y a une impasse totale pour les palestiniens en termes de projet de vie. D’où la capacité de recrutement de l’organisation islamiste qui promet monts et merveilles. Il promet une réalisation par la mort."

"La sécurité est l’argument électoral n°1"

"Nous sommes face à deux conceptions du monde radicalement différentes, analyse Sébastien Boussois, docteur en sciences politiques, sur l’antenne de Sud Radio. Le Hamas peut se reconstituer d’un point de vue humain extrêmement rapidement, car il y a le désespoir des palestiniens de Gaza, et l’impossibilité de faire autre chose. Il y a aussi l’extrémisme de Benjamin Netanyahu. Les courants extrémistes de sa coalition poussent au désir de vengeance. La question des suprémacistes israéliens du côté de la Cisjordanie n’arrange rien."

Que faut-il attendre des prochaines élections en Israël ? "Côté israélien, la sécurité est l’argument électoral n°1. La question est de savoir si, trois ans après le 7 octobre, Israël est davantage en sécurité après la guerre menée par Netanyahu. Rien n’est moins sûr. Il n’y a pas d’autre homme politique capable de créer une coalition. C’est quelque chose de l’ordre du processus d’autodestruction des deux côtés. Le Hamas est prêt à en découdre parce qu’il n’a pas d’autre projet. L’idée d’une coexistence, ces choses assez naïves que des israéliens de gauche ont essayé de porter, est extrêmement compliquée. On a vu depuis des années que c’était de plus en plus impossible."

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