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Le collégien qui a menacé sa principale mis en examen et écroué

L'élève de 15 ans, qui avait menacé vendredi d'un couteau sa principale, a été mis en examen et placé en détention provisoire dimanche, à la veille d'un déplacement dans son collège, près de Dijon, de la ministre de l'Education.

PHILIPPE HUGUEN - AFP/Archives

L'élève de 15 ans, qui avait menacé vendredi d'un couteau sa principale, a été mis en examen et placé en détention provisoire dimanche, à la veille d'un déplacement dans son collège, près de Dijon, de la ministre de l'Education.

L'adolescent, "décrit comme difficile", avait été arrêté vendredi après-midi dans l'enceinte du collège Edouard-Herriot de Chenôve, un quartier sensible, où il avait pointé une arme blanche sur la principale sans la blesser.

A l'issue de sa garde à vue, il a été présenté dimanche à un juge chaargé d'une information judiciaire, notamment pour "tentative d'homicide volontaire sur un enseignant", "menaces" ou "intrusion dans un établissement scolaire avec arme", selon le parquet de Dijon.

L'adolescent a alors été "mis en examen pour l’intégralité des infractions reprochées et placé en détention provisoire", a précisé le procureur Olivier Caracotch dans un communiqué en fin de soirée.

Plus tôt, le magistrat avait expliqué, lors d'une conférence de presse, que le garçon reconnaissait les faits mais avait donné des versions contradictoires de son mobile.

Le collégien a raconté d'abord qu'il avait voulu "planter" sa professeur d'anglais, cours dont il avait été exclu, avant de se raviser. Puis il a affirmé avoir été "recruté par des connaissances pour la tuer et trois autres membres (du collège)" et devoir être rémunéré pour ces faits.

Mais ces déclarations ne sont "corroborées par aucun élément et pourraient être en lien avec une volonté de se donner de l'importante, ce qui a été confirmé par un expert psychiatre", a ajouté le procureur.

De plus, "le parquet antiterroriste accorde un crédit très relatif à cette dernière version", a souligné M. Caracotch.

Une expertise psychiatrique, même si elle a estimé que le mis en cause était responsable de la commission de ses actes, a révélé "un certain nombre de failles ou de difficultés" mentales, a-t-il ajouté.

- "Sang froid" -

L'adolescent s'était présenté, vendredi peu après 15H00, à un cours de langues dont il avait été exclu quelques jours plus tôt. Orienté vers la principale du collège, il lui avait présenté une lettre "faisant mention d'une prise d'otage et référence aux attentats de novembre 2015" avant de "pointer un couteau dans sa direction et de la menacer de mort verbalement", selon le parquet.

La responsable avait alors réussi à prendre la fuite en déclenchant l'alarme anti-intrusion. Le collégien avait tenté de rejoindre sa classe mais cette dernière était confinée, comme l'ensemble de l'établissement.

La porte de la classe étant fermée, il avait menacé avec son arme "un agent de maintenance venu au soutien" avant de "tent(er) de s'enfermer avec lui dans le bureau" de la principale "d'où l'agent parvenait encore à fuir", selon la même source.

Resté dans le couloir, l'adolescent avait été finalement arrêté par la police au bout d'une demi-heure.

La ministre de l'Education Nicole Belloubet, avait immédiatement "condamné avec la plus grande fermeté" ces menaces, "saluant le courage et le sang froid" de la principale. Elle est attendue lundi matin à Chenôve, où elle échangera avec les équipes de l'établissement.

La peine encourue pour la tentative d'homicide volontaire sur une personne chargée de mission de service publique est la réclusion criminelle à perpétuité, selon le procureur.

Le mise en cause étant mineur, "il doit pouvoir bénéficier de l'excuse de minorité", a-t-il nuancé, précisant que la peine était "dans ce cas-là de 20 ans de réclusion criminelle".

 

Par Loïc VENNIN avec DAniel ABELOUS à Lyon / Dijon (AFP) / © 2024 AFP

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