Le collectif SOS Retraites appelle à une grève glissante

Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux, à l’initiative du collectif SOS Retraites, était interviewée dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 3 janvier. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Vers une grève durable ? STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

Le collectif SOS Retraites, qui regroupe 16 caisses autonomes, appelle à une grève glissante à compter du 3 décembre. Le principe : chaque secteur se mobilise à son tour, à commencer par les kinés et orthophonistes, avant les avocats lundi prochain. 80% des barreaux se déclarent en grève, et les pilotes, hôtesses et stewards d’Air France vont également se mettre en grève la semaine prochaine.

 

Des régimes autonomes qui fonctionnent très bien

Pour Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux, "le gouvernement semble tout-à-fait sourd. Ce sont les professions qui ont une capacité de blocage qui sont entendues. Pourtant, ce collectif qui réunit 16 professions, c’est un million d’actifs sans compter les personnes que nous faisons travailler. Cela fait des semaines que nous expliquons pourquoi ces régimes autonomes doivent continuer à exister. Ils fonctionnent bien, ils ne coûtent pas un centime à l’État, et sont solidaires. S’il y a de l’argent en caisse, on pourrait se poser la question de pourquoi ils sont excédentaires. C’est parce que nous avons pris des mesures contraignantes quand il le fallait. Nous avons ajusté les montants de cotisations en prévision de situations à venir. Cela représente de l’épargne forcée pour tous ces professionnels".

Craint-elle la suppression finale de ces régimes autonomes ? "La position de notre ministre de la Justice est très claire, souligne la présidente du Conseil national des barreaux. La discussion est ouverte à condition d’accepter le principe de rentrer dans le régime universel. Or, c’est non. Nous sommes prêts à discuter dans le cadre du régime autonome. D’autant que nous avons pu constater que ce régime universel censé être le même pour tous est détricoté aux profit de régimes spécifiques. Nos régimes autonomes fonctionnent très bien. Nous avons toutes les raisons objectives de les conserver".

Une prime à la capacité de nuisance

Pourquoi appeler à cesser toute activité le 3 février prochain, soit dans un mois ? "C’est une date fixée de longue date, avec comme souci de négocier et se donner le temps de cette négociation, décrypte Christiane Féral-Schuhl. La démarche se voulait responsable, car bloquer le système nous paraissait quelque chose de grave et important. Les professions libérales ne sont pas du tout habituées à faire grève".

"Ce silence assourdissant nous fait constater que l’on met autour de la table ceux qui ont une réelle capacité de nuisance, juge l’avocate. Ainsi, les pilotes de ligne peuvent conserver leur régime autonome. On voit bien qu’aujourd’hui, il ne reste rien du dispositif proposé au départ. Le régime ne peut pas être le même pour un salarié, un libéral et un fonctionnaire. Au moment de gagner un euro, le libéral a déjà payé son loyer, son outil de travail, ceux avec qui il travaille. Ce n’est pas le cas du fonctionnaire ou du salarié.

Cliquez ici pour écouter “le coup de fil du matin”

Retrouvez "le coup de fil du matin" du lundi au vendredi à 7h12 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.
Sur quelle fréquence écouter Sud Radio ? Cliquez-ici !