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L'astronaute Sophie Adenot veut "repousser" ses "limites" pendant sa mission sur l'ISS

A 40 jours de son envol pour l'espace, Sophie Adenot, la deuxième astronaute féminine française de l'histoire après Claudie Haigneré, s'est dit impatiente lundi de "repousser" ses "limites" pendant ses huit mois de mission sur la Station spatiale internationale (ISS).

Pau Barrena - AFP

A 40 jours de son envol pour l'espace, Sophie Adenot, la deuxième astronaute féminine française de l'histoire après Claudie Haigneré, s'est dit impatiente lundi de "repousser" ses "limites" pendant ses huit mois de mission sur la Station spatiale internationale (ISS).

Si tout se passe comme prévu, le 15 février elle décollera à bord d'un véhicule Crew Dragon de SpaceX avec deux collègues américains et un russe vers l'ISS, trente ans après le premier vol dans l'espace de Claudie Haigneré en 1996.

A l'issue d'une préparation qui aura duré deux ans et neuf mois, Sophie Adenot a donné sa dernière conférence de presse européenne avant son grand voyage au Centre européen de formation des astronautes (ESA) à Cologne, dans l'ouest de l'Allemagne.

Sur le point de réaliser un rêve qu'elle a depuis ses dix ans, elle s'est dit à la fois "sereine", "concentrée" et "curieuse, car il y aura beaucoup d'incertitudes, comme pour toute mission".

"Devenir astronaute, c'est repousser les limites", a-t-elle souligné. "Les missions spatiales ont vraiment repoussé les frontières de ce que l'on sait faire sur Terre".

Expériences scientifiques, activités de maintenance en plomberie et en électricité, opérations de robotique pour amarrer un vaisseau cargo, et peut-être même une sortie à l'extérieur du véhicule spatial, devraient rythmer son quotidien pendant huit mois.

Parmi les expériences qu'elle va réaliser sur l'ISS, Sophie Adenot a cité l'une d'entre elles dans le domaine médical.

"Il s'agit d'apprendre à gérer un système d’échographie avec de la réalité augmentée. Plus tard, quand cette technologie va être validée et testée sur Terre, elle va permettre à des opérateurs (...) de directement faire l'échographie et de trouver l'organe grâce à l'intelligence artificielle".

Un tel progrès, "aura un impact direct dans les futurs déserts médicaux", veut-elle croire.

- Un regard suffit -

Elle a souligné "adorer" les trois autres membres de son équipage, les Américains Jessica Meir (la commandante) et Jack Hathaway ainsi que le Russe Andreï Fediaïe. "On ne s'est pas seulement entrainé ensemble, on a appris à se faire confiance", a-t-elle dit.

L'astronaute française Sophie Adenot (à gauche), avec les Américains Jessica Meir (centre) et Jack Hathaway, au Centre européen de formation des astronautes (ESA) à Cologne, dans l'ouest de l'Allemagne, le 5 janvier 2026

L'astronaute française Sophie Adenot (à gauche), avec les Américains Jessica Meir (centre) et Jack Hathaway, au Centre européen de formation des astronautes (ESA) à Cologne, dans l'ouest de l'Allemagne, le 5 janvier 2026

Pau Barrena - AFP

Selon elle, ils maîtrisent désormais un langage non verbal "qui permet de répondre aux besoins de l'autre par un regard".

Les missions spatiales sont "le symbole de la coopération pacifique", a-t-elle aussi souligné.

Le cap récemment passé des 25 ans de présence continue dans l'espace des nations partenaires de l'ISS - Etats-Unis, Russie, onze pays européens, Japon, Canada - montre selon elle que cette coopération "perdure avec une grande résilience à toutes les crises internationales".

Si elle l'a fragilisée, l'invasion de l'Ukraine n'a en effet pas interrompue la participation des astronautes russes sur l'ISS.

Comme le veut la tradition pour chaque astronaute avant une mission, l'astronaute a planté un arbre à Cologne. Symbole d'une exploration européenne au service de "la science" et des "futures générations", cet arbre, toujours un copalme ou liquidambar, rappelle aux astronautes "d'où nous venons et ce que nous avons la responsabilité de protéger", a-t-elle dit.

- Exemple féminin -

A 43 ans, Sophie Adenot suit les traces de son compatriote Thomas Pesquet sur la station spatiale placée en orbite basse autour de la Terre, où le Français, formé en 2009 comme elle partiellement à Cologne, a déjà effectué deux séjours.

Cette ingénieure et pilote d'essai d'hélicoptères a encouragé toutes les petites filles à poursuivre leur rêve si elles veulent devenir astronautes.

"Les femmes représentent 50% de la population, il n'y a pas de raison que l'on ne soit pas astronaute (...) Tout au long de ma formation, je n’ai jamais senti de différence (entre les hommes et les femmes)", a-t-elle dit, rejetant les "limites" en la matière.

"Les choses ont beaucoup changé en trente ans", a-t-elle ajouté en référence à la pionnière Claudie Haigneré, avec qui elle a été en contact tout au long de sa formation.

Par Céline LE PRIOUX / Cologne (Allemagne) (AFP) / © 2026 AFP

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