Alors que la France vient tout juste de traverser une intense vague de chaleur et qu'un nouvel épisode caniculaire est déjà attendu dès ce week-end, les records ne tombent pas uniquement sur la terre ferme. Les océans aussi se réchauffent à un rythme inédit. Selon les dernières données du programme européen Copernicus, ils n'ont jamais été aussi chauds pour un mois de juin.
Un record mondial pour un mois de juin
Le 21 juin dernier, la température moyenne à la surface des mers a atteint un nouveau record pour cette période de l'année. Selon les données du programme européen Copernicus, elle a dépassé les précédents niveaux observés en 2023 et 2024, avec près de 21 °C à l'échelle mondiale.
Les scientifiques l'expliquent en partie par le retour d'El Niño, ce phénomène naturel qui réchauffe les eaux du Pacifique équatorial. Mais il vient surtout s'ajouter à une tendance de fond : les océans absorbent une grande partie de la chaleur liée aux émissions de gaz à effet de serre.
☀️Retour des fortes chaleurs, qu'est-ce que El Nino ?
— Sud Radio (@SudRadio) June 13, 2026
🗣️Robert Vautard (climatologue) : "C'est une fluctuation naturelle qui se développe dans le Pacifique et qui atteindra son maximum cet hiver" #GrandMatinWeekEnd
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82 % des océans touchés par des vagues de chaleur
Depuis le début de l'année, 82 % de l'océan mondial ont connu au moins une vague de chaleur marine. Près de la moitié de sa surface a même subi des épisodes de chaleur jugés forts à extrêmes.
Le Pacifique tropical, directement concerné par El Niño, a enregistré son premier semestre le plus chaud jamais observé avec une température moyenne de 26,91 °C. Pour les scientifiques, ces niveaux de chaleur pourraient annoncer de nouveaux records dans les prochains mois.
Une Méditerranée jusqu'à 7 °C plus chaude que la normale
Dans cette surchauffe mondiale, la Méditerranée inquiète particulièrement. En ce mois de juin 2026, elle a enregistré une température moyenne de surface record. Dans le nord-ouest du bassin, certaines zones ont affiché des écarts très importants par rapport aux normales saisonnières, avec des anomalies pouvant atteindre 6 à 7 °C.
Ce niveau est d'autant plus préoccupant qu'il intervient très tôt dans l'été. Si les fortes chaleurs se poursuivent, la mer pourrait continuer à stocker de l'énergie dans les prochaines semaines.
Une menace pour les écosystèmes marins
Cette chaleur excessive fragilise directement la biodiversité. Coraux, gorgones, oursins, mollusques ou herbiers marins sont particulièrement vulnérables lorsque l'eau reste trop chaude pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines. Contrairement à certaines espèces mobiles, ces organismes ne peuvent pas fuir vers des eaux plus fraîches.
Les vagues de chaleur marines peuvent ainsi provoquer des mortalités importantes, perturber la reproduction des espèces et modifier les équilibres des écosystèmes. En Méditerranée, cette pression thermique s'ajoute déjà à la pollution, à la pêche, au trafic maritime et à l'urbanisation du littoral.
Des conséquences aussi sur la météo
Une mer plus chaude ne reste pas sans effet sur l'atmosphère. En effet, elle favorise l'évaporation, apporte davantage d'humidité et peut renforcer certains phénomènes météo extrêmes lorsque les conditions sont réunies. Tout cela réuni peut notamment augmenter le risque de pluies intenses, d'orages violents ou d'inondations, en particulier à la fin de l'été et à l'automne.
La Méditerranée, lorsqu'elle est anormalement chaude, peut ainsi devenir un véritable réservoir d'énergie pour les épisodes méditerranéens. Le phénomène ne déclenche pas à lui seul des intempéries, mais il peut les rendre plus intenses si une dégradation active se met en place.