Journée mondiale de lutte contre le sida : "Nous sommes très inquiets pour 2020"

Jean Spiri, président du Crips-Ile de France, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 1er décembre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Des volontaires allument des bougies en forme de ruban rouge à la veille de la journée mondiale de lutte contre le sida, à Katmandou le 30 novembre 2020 (Prakash Mathema /AFP)

Le 1er novembre, c’est la Journée mondiale de lutte contre le sida : l’épidémie de Covid-19 a provoqué une baisse de dépistages.

 

"Un étudiant sur deux ne se protège pas"

Pourquoi cette baisse ? "En fait, on a connu une baisse de 50% pendant le premier confinement, explique Jean Spiri, président du Crips-Ile de France (Centre régional d’information et de prévention du sida et pour la santé des jeunes). Le petit rebond après le premier confinement n’a pas du tout suffi pour compenser les baisses de dépistage. C’est dommage, nous avions connu une hausse ces dernières années, et une vrai cassure de l’épidémie. Nous sommes très inquiets pour 2020."

En cause : la peur du Covid-19, les queues devant les laboratoires… "Pourtant, il existe de nombreux autres moyens de se tester. Se dépister c’est important. Savoir si on est séropositif, c’est d’abord prendre soin de soi, pour avoir accès aux traitements, mais aussi prendre soin des autres. Un étudiant sur deux ne se protège pas, et chez les plus jeunes 32% pensent encore qu’un baiser suffit à transmettre le VIH. Il faut en parler, c’est plus compliqué en ce moment, mais c’est nécessaire."

 

"Cela faisait dix ans que les décès baissaient"

"Etre séropositif sous traitement ne transmet plus le virus. Cela fait dix ans, mais c’est encore très méconnu, souligne Jean Spiri. C’est important de savoir son statut sérologique, cela reste la priorité." Les personnes séropositives sont-elles davantage à risque face au Covid-19 ? "Plusieurs étude montrent que les personnes vivant avec le VIH ne sont pas plus fragiles quand elles prennent leur traitement. Néanmoins, il y a eu des reports de rendez-vous, comme pour la plupart des maladies. On se demande quels seront les effets à plus long terme."

La vague de Covid-19 brise la dynamique de ces dernières années. "Nous avions des raisons d’espérer, regrette le responsable du Crips-Ile de France. En Ile-de-France, nous avons connu une baisse marquée de 15% des contaminations, pour la première fois, grâce à deux médicaments. Là, nous avons vraiment peur que 2020 soit une très mauvaise année. Cela faisait dix ans que les décès baissaient. Ce n’est pas parce qu’une pandémie existe depuis un an qu’il faut oublier les autres pandémies qui durent parfois depuis 40 ans."

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