JO 2024 : la “vidéosurveillance intelligente” provoque la controverse

L’article de la loi olympique relatif au recours à la vidéosurveillance "intelligente" pendant les JO de Paris 2024 a été voté. Un danger ?

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Vers une "vidéosurveillance intelligente pour les JO de Paris 2024 ?

L’Assemblée nationale a adopté jeudi 23 mars l’article 7 de la loi olympique relatif au recours à la vidéosurveillance "intelligente" pendant les Jeux Olympiques de Paris en 2024.

Vidéosurveillance : une analyse automatique

Un article controversé aux yeux de certains. Cette loi permet en effet d’utiliser des logiciels basés sur l'intelligence artificielle. Ils analyseront automatiquement, via les images des caméras de surveillance, toute situation potentiellement à risque. Il reviendra à la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) de lister les cas de figure des événements à détecter automatiquement.

"Il s’agit d’un logiciel d’analyse vidéo qui permet à l’opérateur d’apporter une bonne information à un instant T, décrypte François Mattens, directeur des affaires publiques au sein de l’agence Twenty Two. À aucun moment, il ne s’agit d’une intelligence artificielle qui remplace l’humain. C’est uniquement une aide à la décision. Ensuite la personne qui est derrière son écran va pouvoir avoir une information en temps réel." Mais quel type d’informations ? "Ce peut typiquement être un mouvement de foule qui se déclenche à la sortie d’un métro, un départ d’incendie dans un lieu où il y a du public. La cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024 se passera au bord de la Seine. Cela peut être la détection de quelqu’un qui tombe à l’eau, d’une noyade. Cela donnera une alerte sur les écrans de sécurité pour pouvoir intervenir plus rapidement."

 

Ni reconnaissance faciale ni biométrie

Pourquoi ce sujet suscite-t-il tant de controverse ? "C’est naturel, on a toujours peur de ce que l’on ne connaît pas, estime François Mattens. Il y a de la pédagogie à faire, il faut rassurer les gens. Aujourd’hui, l’article 7 du projet de loi est controversé, et c’est normal. Il existe des points de vue différents. Quand on parle d’intelligence artificielle, on voit le modèle chinois de surveillance de masse. La France permet d’encadrer ces choses avec des entreprises responsables et des garanties, notamment grâce à la Cnil, qui pourra permettre de rassurer. Il y a déjà des cas à l’étranger, comme à l’aéroport de Dubai."

"La différence est qu'à aucun moment, lors des JO de 2024, il n’y aura de reconnaissance faciale ou de biométrie." Cette loi devrait s’appliquer jusqu'au 31 décembre 2024 aux "manifestations sportives, récréatives ou culturelles (...) particulièrement exposées à des risques d'actes de terrorisme ou d'atteintes graves à la sécurité des personnes", a précisé pour sa part le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Elle pourrait être utilisée dès la Coupe du Monde de rugby en France cet automne.

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