Jérôme Fourquet : "20.000 personnes à l’échelle d’un pays, c’est relativement peu"

Arthur de Laborde recevait Jérôme Fourquet, directeur du département « opinion et stratégies d’entreprise » de l'institut de sondages IFOP, lors 12-13h de l’été du jeudi 15 juillet 2021.

Le directeur du département "opinion et stratégies d’entreprise" de l'institut de sondages IFOP, Jérôme Fourquet, était l’invité d’Arthur de Laborde dans le "12-13h de l’été" du jeudi 15 juillet 2021.

Jérôme Fourquet : "Des positions virulentes contre une dictature sanitaire"

L’annonce de l’élargissement du champ d’application du pass sanitaire a entraîné mercredi 14 juillet des manifestations qui ont rassemblé en France environ 20.000 personnes. Un mouvement contestataire qui, pour Jérôme Fourquet, ne doit pas inquiéter. Le directeur du département "opinion et stratégies d’entreprise" de l'institut de sondages IFOP rappelle "qu’à l’échelle d’un pays, certes réunies dans un laps de temps court, 20.000 personnes, c’est relativement peu et ça nous rappelle un petit peu ce que nous avions vu à la rentrée de septembre 2020, quand il y a avait eu une mobilisation balbutiante contre le port du masque obligatoire."

Et cette frange contestataire a une particularité que détaille Jérôme Fourquet : elle est particulièrement hétéroclite. "On croise dans ces manifestations des gens qui sont proches de ce qui reste des gilets jaunes, mais aussi une frange de la mouvance écolo et puis on a toute une composante de droite souverainiste avec des gens comme Philippe de Villiers ou Florian Philippot, qui ont pris des positions virulentes contre ce qu’ils appellent une dictature sanitaire. Ajoutez à cela certaines franges de la France insoumise, donc on est sur un congloméra assez large" explique-t-il. 

"C’est un risque calculé dont les premiers effets sont positifs"

Cette frange contestataire doit selon Jérôme Fourquet être mise en parallèle du reste de la population. Il rappelle notamment que "des enquêtes d’opinion montrent qu’entre 60 et 75% des Français adhéraient ou étaient favorables à ces mesures. Donc il y a un noyau réfractaire hétéroclite qui va peser entre 20 et 25% de la population. C’est une ligne de fracture dans la société française mais on n’est pas sur les prémices d’un affrontement de deux blocs, de poids identiques".

Et cette part contestataire va diminuer à mesure que la vaccination va s’amplifier. "Il y a eu une volonté de créer un électrochoc stratégique qui a été payant" pour le gouvernement explique Jérôme Fourquet, qui estime qu’il s’agissait là d’un "risque calculé dont les premiers effets sont positifs pour le gouvernement." Reste maintenant à faire diminuer la part contestataire et à en contenir le noyau d’irréductibles.  

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