Jeannette Bougrab : "il y a une confusion et une méconnaissance sur la signification du voile"

Pour Jeannette Bougrab, ancienne secrétaire d’État à la Jeunesse et auteure d’une Lettre aux femmes voilées et à ceux qui les soutiennent (Éditions du Cerf), le choix de certains parents musulmans d’imposer le port du voile à leurs filles prépubères signifie qu’ils voient potentiellement en leur fille un objet de désir. Jeannette Bougrab était l’invitée d’André Bercoff le 22 janvier 2019 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Thumbnail

Jeannette Bougrab s'étonne du choix de certaines Françaises de porter le niqab

Pour présenter son livre, Jeannette Bougrab a choisi de commencer par raconter comment, en amenant sa fille au cours de danse à Helsinki, elle a vu une petite fille voilée. "Ce n’est pas tant l’adulte qui me choque, mais une gamine de 7 ans, pré-pubère, avec ce voile qu’on décide de lui imposer. Cela a une signification particulière, ça veut dire qu’elle devient un objet de désir et qu’elle est en âge d’être mariée. En plus, c’était une Finlandaise convertie. C’est un peu comme ces Français qui sont allés en Syrie et en Irak faire le djihad", a-t-elle estimé au micro d’André Bercoff.

"On se souvient des Iraniennes qui montaient sur des armoires électriques dans les rues de Téhéran et s’arrachaient le voile. Et nous, en France, on a l’inverse : elles portent le niqab, elles vont en Irak et en Syrie. Elle se font même les complices des pires violences à l’encontre des Yazidis", s’est-elle indignée.

Jeannette Bougrab : "La France n’est plus une terre d’asile"

Jeannette Bougrab a ensuite énuméré toute une série de cas de femmes poursuivies parce qu’elles ont renoncé à porter le voile ou qu’elles ont tout simplement renoncé à l’islam, et qui ont trouvé l’asile à l’étranger. "Aujourd’hui la France, qui devrait être une terre d’asile pour ces militantes des droits des femmes, ne l’est plus pour des intérêts qui sont économiques, parce qu’on doit vendre telle ou telle chose. Mais c’est inacceptable !", a-t-elle estimé.

Selon Jeannette Bougrab, "il y a une histoire de confusion et de méconnaissance sur la signification du voile. Salman Rushdie explique comment il y a cette instrumentalisation du voile en Europe. Il dit : 'À partir du moment où on le porte, le brandit et le défend, on devient complice de ceux qui l’imposent aux femmes'. Aujourd’hui sur Internet on peut même acheter son voile dès l’âge de 6 ans. Cela signifie qu’il y a bien un marché. Il y a aussi des voiles pour courir", a-t-elle raconté à André Bercoff.

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez André Bercoff et ses invités du lundi au vendredi sur Sud Radio, à partir de midi.

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !