Du côté du Médoc et du bassin d’Arcachon, les pompiers tentent d’éteindre l’incendie qui ravage la Gironde depuis mercredi dernier. L’heure pour certains habitants d’évaluer les dégâts. Du côté de Samos, Jean-Denis Dabian, agriculteur a tout perdu habitation et animaux. Au micro de Sud Radio, celui-ci crie sa colère et sa tristesse.
« J’ai perdu la maison, mes granges, mes forêts avec les incendies »
Qu'est-ce que vous avez perdu dans cet incendie, Jean-Denis ?
« J'ai tout perdu. J'ai perdu la maison, mes granges, mes forêts. J'avais un troupeau de moutons, une trentaine de bêtes. J'ai tout perdu au milieu des flammes. C'est une catastrophe parce que je suis un citoyen comme tout le monde, je paye des impôts grassement et quand on a besoin, en retour on n'a même pas un petit camion pour nous aider à éteindre le feu de sa propre maison. » explique Jean-Denis Dabian, agriculteur au micro de Sud Radio
« Manque de moyens, manque d'organisation, je n'ai jamais vu une débandade comme ça. Je suis un peu révolté, même beaucoup d'ailleurs, parce qu'on est traité comme des chiens. On est évacué sans ménagement. Je suis revenu malgré les interdictions sur ma maison pour essayer d'éteindre le feu, mais personne ne répond au téléphone. J'étais seul avec un ami pour essayer de limiter les dégâts, mais on n'a pas pu parce qu'il y avait plus d'eau au château d'eau. » estime l’agriculteur.
Vous avez dû fuir, vous n'avez pas pu emmener vos bêtes avec vous ?
« Oui, mais mes animaux, ils sont habitués à vivre en liberté totale, donc je les ai laissés libres comme d'habitude, mais bon, les animaux, ils se sont fait prendre par le feu, le feu était tellement terrible, on n'a rien pu faire. Mais là, moi j'ai tout perdu, j'ai perdu mes souvenirs de jeunesse, j'ai perdu, voilà, c'est incroyable, incroyable. » raconte Jean-Denis Dabian au micro de Sud Radio
« Et là, il y avait un tas de ruines, je ne sais pas comment je vais, on va rebondir, je ne sais même pas comment je vais rebondir, c'est catastrophique et on n'est pas les seuls. Autour de chez moi, il y a eu six maisons qui ont brûlé, dans un rayon de 700-800 mètres. » décrit l’agriculteur
« Aucun Soutien de la mairie de Samos »
Jean-Denis, avez vous pu trouver du soutien dans cette épreuve difficile ?
« Le soutien, c'est les amis proches, les collaborateurs dans le travail, avec qui je travaille, avec qui je commerce, etc. Oui, là j'ai trouvé du soutien, oui. Et bon, ma famille, bien sûr, mais par exemple, aucun soutien de la mairie de Samos, personne ne m'a appelé pour me dire quoi que ce soit, je trouve quand même que c'est un peu gros. » déplore Jean-Denis Dabian
« Mais bon, après, oui, le soutien, le soutien de tous les bénévoles qui ont travaillé, qui ont bravé les interdictions, qui ont sauvé des maisons, qui ont sauvé des maisons. Moi, je connais des gens qui n'ont pas voulu évacuer et qui ont sauvé des dizaines de maisons. Et heureusement, et heureusement qu'on a les agriculteurs qui viennent, heureusement qu'on a cette solidarité qui se met en place, et heureusement qu'on a ça, autrement la catastrophe serait encore plus grande. »
« On est des locaux, nous on connaît le terrain »
Comment peut-on vous aider, Jean-Denis, je crois, à savoir que votre famille a lancé un appel à la solidarité, c'est bien ça ?
« La solidarité, moi je n’ai pas lancé d'appel du tout, l’important, c’est de penser aux incendies précédents, je pense qu'il faut réfléchir à la gestion de ces incendies Ce sont des gens qui sont dans les bureaux dorés, qui nous disent ce qu’on doit faire, mais moi, mon grand-père, ça fait des générations qu'on est là, quand il y avait le feu autrefois, la sirène du village a sonné, et puis tout le monde allait au feu, et les gens connaissaient, on pouvait faire un contre-feu, ils connaissaient le terrain parfaitement. »
« On est des locaux, nous, on connaît le terrain parfaitement, les gens, les chasseurs, ils connaissent tout par terre, ils connaissent tous les points d'eau, etc., et on nous écarte, alors que les pompiers, ils font le maximum, mais c'est des gens, heureusement, ils font le maximum avec les moyens qu'ils ont, mais ils attendent les ordres, les maisons brûlent, c'est incroyable, et parce qu'on est dirigé, je dis franchement, notre préfète elle est complètement incompétente, incompétente, elle nous interdit d'aller aider les pompiers, qu'est-ce que c'est ce truc-là ? » dénonce Jean-Denis Dabian au micro de Sud Radio.