Hôpitaux : "Vous iriez risquer votre vie pour à peine 1.500 euros par mois ?"

Il n’y a pas que les gros hôpitaux qui sont en souffrance : l’hôpital d’Aubagne, près de Marseille, n’échappe pas à la seconde vague et là aussi, il faut faire avec le manque de personnel et de moyens.

Les blouses blanches manifestent un peu partout en France pour la journée de mobilisation et de grève des soignants. © AFP

Reportage de Lionel Maillet pour Sud Radio

 

"On laisse des patients et du personnel sur le carreau..."

L’hôpital d’Aubagne n’échappe pas à la seconde vague. Toute la réanimation est pleine où la moitié des malades sont atteints du Covid. Faute de personnel, impossible de faire tourner l’unité Covid à plein régime. 8 lits restent vides alors que l’hôpital d’Aubagne est obligé de refuser des malades. "On en trouvait lors de la première vague, des gens qui venaient spontanément ou envoyés par des boîtes d'intérim, se souvient Christelle Migliaccio, la secrétaire de la CFDT. Mais maintenant c'est fini ! On laisse des patients et du personnel sur le carreau...", déplore-t-elle.

Chaque jour, il faut aussi composer avec un absentéisme grandissant et le manque de matériel comme le déplore ce préparateur en pharmacie : "on a des ruptures de gants stériles, on essaie de se dépatouiller et ça devient pratiquement du flicage".

 

"Vous iriez risquer votre vie pour à peine 1.500 euros par mois ?"

L’hôpital public s’appuie donc de plus en plus sur les cliniques pour absorber le trop plein de patients. Infirmière en fin de carrière, Fatima Bensemain comprend facilement pourquoi son métier n’attire plus grand monde. "Vous iriez risquer votre vie pour à peine 1.500 euros par mois ? interroge-t-elle. Prendre le risque de s'infecter du Covid, avec les séquelles, en venant travailler dans un hôpital, pour 1.500 euros, c'est sous-payé !" estime-t-elle.

 

 

"C'est quand même la seule fonction où si une infirmière fait une erreur, elle a droit aux trois tribunaux ! rappelle-t-elle. Tribunal administratif, tribunal pénal et tribunal correctionnel. Pour 1.500 euros, ce n'est pas attractif ! Il faut changer les règles du jeu si on veut que les jeunes rentrent à l'hôpital. Pour elle, le gouvernement doit ouvrir les yeux. Ça suffit de mettre un prix sur la santé !"

 

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