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Hervé Moreau : "C'est ce sentiment d'impunité, cette défaillance de la justice qui est à l'origine de tout"

Par La Rédaction

Hervé Moreau, capitaine de Gendarmerie, en poste au sein de la base de défense de Creil en qualité d'officier de liaison, qui a décidé de rompre son devoir de réserve, était l’invité d’André Bercoff, mardi 27 octobre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états". Il nous raconte sa "Vérité d’un capitaine", son livre publié en auto-édition et disponible sur https://librairieducapitaine.com.

Hervé Moreau invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Capitaine de gendarmerie, il sort pour la première fois de son devoir de réserve et décide de dénoncer l'évolution "nette" de la violence dans sa zone d'affectation, située à Creil, dans l'Oise.

 

"Faire connaître la vérité" sur l'augmentation de la violence en France

Hervé Moreau a décidé de prendre la parole et de dénoncer l'augmentation des violences et des délits dans la société française. Une nécessité, selon lui de "signifier ces vérités à ceux qui ne les connaissent pas forcément", se basant sur ses quatre dernières années passées sur le terrain avec ses hommes, en Côte-d'Or, en Bourgogne à Beaune. Pas question d'attendre la retraite pour en parler, ni de voir la situation s'aggraver encore plus, "il m'apparaissait que le vrai courage était d'assumer les coups qui étaient éventuellement à prendre", se justifie-t-il sur la temporalité de la sortie de son livre.

Un paysage qui a changé depuis quatre ans où dans cet arrondissement rural, "réputé calme et où il y a encore une volonté de vivre ensemble", dépeint le capitaine de gendarmerie, "on a constaté, ces dernières années, une évolution nette de la violence". Une violence qui se traduit par "des coups et blessures, la loi du plus fort, mais aussi des atteintes aux biens ou à l'encontre des gendarmes", rapporte Hervé Moreau.

Une "défaillance" de la justice

Ce dernier point constitue un crève-cœur pour le militaire qui regrette cette perte du respect pour l'uniforme. "La peur du gendarme était entretenue par la crainte de sanctions pénales au regard des coups, des injures et des actes perpétrés", se souvient-il, déplorant qu'aujourd'hui, "l'impunité des délinquants nourrit l'ensemble des actes perpétrés à l'encontre des forces de l'ordre". Pour le capitaine, là se trouverait le nœud du problème : "c'est ce sentiment d'impunité, cette défaillance de la justice qui est à l'origine de tout. C'est catastrophique".

Si les magistrats de France "baignent dans le droit et le jugement", conformément à leur profession, Hervé Moreau, qui les côtoie régulièrement, regrette qu'ils "ne vivent pas ce que vivent au quotidien les Français". Selon le gendarme, les magistrats "sont extraits de cette vie quotidienne, qu'ils connaissent et en mesure les conséquences mais ne la vivent pas". "Lorsque vous n'avez pas à subir dans votre chair ou dans votre bien un acte délictuel ou criminel, tout vous paraît secondaire. Lorsque vous le vivez vous-même, tout change", observe-t-il.

 

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez André Bercoff et ses invités du lundi au vendredi sur Sud Radio, à partir de midi. Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !

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