Guillaume Zagury : "la France a la chance de bénéficier de deux mois d'informations supplémentaires"

Guillaume Zagury, médecin généraliste à Wuhan, où il vit depuis 20 ans était l'invité d’André Bercoff, mercredi 1er avril sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Guillaume Zagury invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Beaucoup de choses sont dites sur la gestion de la crise du coronavirus en Chine. Minimisation du nombre de victimes, conditions drastiques, population docile... Mais qu'en est-il réellement. Le docteur Guillaume Zagury, installé dans l'empire du milieu depuis une vingtaine d'années témoigne de l'évolution de l'épidémie.

 

Une expérience riche

L'épidémie du SRAS en 2003 a sans doute permis aux autorités chinoises d'être "beaucoup plus réactives", estime le docteur Zagury. "Ça avait eu beaucoup d'impact tant sur le plan médical qu'économique", se souvient-il. Même si le nombre de décès était moindre, avec 800 victimes, "tout avait été bloqué pendant deux mois", raconte-t-il. "Les Chinois avaient été meurtris par ces deux mois d'immobilisation de toute l'économie, mais ça les a préparé", résume le docteur français.

Dès le début de l'apparition de la maladie, Guillaume Zagury a souhaité rassurer la communauté française présente dans la région du Hubei. "On a fait un Wechat avec 500 personnes sur le premier groupe la première journée", raconte le médecin. "On a fini avec dix groupes de 500 personnes qui attendaient chaque matin l'information à la fois technique et accessible", se félicite-t-il. Mais le 3 mars, "les autorités chinoises ont arrêté toutes les communications, on a donc créé le site covidminute.com".

Une maladie nouvelle et imprévisible

Si la population a été particulièrement discipliné, Guillaume Zagury rapporte au début "un vent de panique, car c'était une maladie nouvelle". "En Chine, il y a toujours des problèmes de data, d'explications de langue et la surinformation sur les groupes internet", reconnaît-il. Mais contrairement aux Chinois, "la France a la chance de bénéficier de deux mois d'informations supplémentaires sur la maladie, contrairement à la Chine".

L'épidémie s'est principalement cantonnée dans la province du Hubei où se trouve Wuhan. 95% des décès ont été constatés dans cette région. "Il faut saluer la population qui a été stoïque lors du confinement à Wuhan. Ils ont vécu deux mois pendant lesquels on a gelé la ville", rapporte-t-il. L'épidémie n'a "pas du tout été homogène sur l'ensemble du territoire", note le docteur. Actuellement, "il y a depuis dix jours, zéro cas locaux", rassure-t-il. "Les autorités craignent une deuxième vague, aucun étranger ne peut venir en Chine actuellement", témoigne le médecin qui souligne que "l'économie est bien repartie". 

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