Guerre d'Algérie : "Dans ces consolations mémorielles, nos militaires sont toujours les oubliés"

Élisabeth Lévy regrette que nos militaires français soient les grands oubliés des différents discours d'Emmanuel Macron sur l'Algérie.

Après le discours d’Emmanuel Macron sur le massacre de la rue d’Isly, Élisabeth Lévy revient sur la mémoire de la guerre d’Algérie.

"Si on additionne tous les discours d’Emmanuel Macron sur la guerre d’Algérie, presque tous les protagonistes ont eu droit à leur quart d’heure de repentance, voire aux excuses officielles de la France".

  • Les Algériens avec la funeste déclaration du candidat sur "la colonisation de l’Algérie crime contre l’humanité".
  • Les harkis : discours du 20 septembre 2021
  • Le FLN : discours du 16 octobre 2021 sur le massacre du 17 octobre 1961 
  • Les pieds-noirs avec le massacre de la rue d’Isly et celui d’Oran. 
  • La gauche anticoloniale avec la reconnaissance, en 2018, des responsabilités de l’armée française dans l’assassinat du mathématicien communiste Maurice Audin. La Panthéonisation de Gisèle Halimi est toujours à l’étude

"Bien sûr, on pourrait encore dénoncer ce "en même temps" qui câline tous azimuts. Admettons qu’aujourd’hui il ne s’agit plus de choisir son camp mais d’assumer notre histoire". 

Que reprochez-vous au Président, alors ?  

"Ce qui me choque et m‘attriste c’est que, dans cette distribution de consolation mémorielle, il y a de grands oubliés : les militaires. Nos ministres rendent hommage aux moudjahids, les "martyrs" du FLN, mais jamais à nos soldats. Certes, l’armée française a commis des crimes. Mais les fellaghas aussi".  

"Une partie des militaires d’active ralliés à l’OAS a soutenu le putsch des généraux, d’où la dissolution de plusieurs régiments. Ces régiments, stationnés de longue date en Algérie, ont assuré la sécurité des Européens participé à la modernisation du pays, à l’alphabétisation de la population". 

"Surtout, à partir de l’été 1955, la guerre est menée par des appelés du contingent. Il est presque impossible alors d’échapper à la conscription, passée à 1 an et demi. En tout, 1,5 million de jeunes sont appelés et 400 000 militaires d'active. 25 600 soldats français seront tués, 65 000 seront blessés et beaucoup traumatisés à vie".

"On s’est empressés d’oublier leurs sacrifices et personne ne pleure ces vies gâchées, ces familles brisées. Il est facile de proclamer aujourd’hui que cette guerre était absurde. Alors oui, il faut réparer cette injustice et saluer leur sacrifice. Absurde ou pas, ils sont morts pour la France. Ils ont droit à notre reconnaissance et à celle du Président de la République".

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