Gilets Jaunes : leur place était-elle sur les Champs-Elysées ?

Les Gilets Jaunes sont eux aussi venus sur les Champs Elysées pour le défilé du 14 Juillet, même sans arborer de gilet. Bonne ou mauvaise idée ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 15 Juillet. Avec pour invités :
- Sophie Tissier, Gilet Jaune parisienne et coordinatrice du groupe « Gilets Jaunes signataires qui déclarent les manifs » ;
- Faouzi Lellouche, Gilet Jaune de la première heure, qui était hier sur les Champs-Elysées ;
- Jeanne d’Hauteserre, maire LR du 8e arrondissement de Paris.

"Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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Les Gilets Jaunes avaient-ils leur place pour se faire entendre ?

Les Gilets Jaunes se sont invités le 14 juillet sur les Champs-Elysées, en marge du défilé militaire. Résultat : des heurts avec la police et une fête nationale perturbée. Avaient-ils leur place à cet endroit-là pour se faire entendre ?

 

"Ils n’étaient pas à leur place"

"Les Gilets Jaunes avaient prévu de venir sur les Champs Elysées. Objectif : montrer qu’ils existent toujours… Siffler et huer le Président de la République. Mission réussie, estime Véronique Jacquier. Mais ils ont montré le pire de leur visage. Troubler la fête, troubler l’unité de la Nation, sans afficher de revendications sociales ou politiques, à part "Macron démission".  Je pense qu’ils n’étaient pas à leur place sur les Champs Elysées. Il ne faut pas oublier qu’on rendait hommage aux soldats blessés de guerre qui défilaient. Ils auraient dû respecter le caractère sacré du 14 juillet."

Jérôme Rodrigues, l’un des leaders des Gilets Jaunes arrêté hier, a dit être simplement venu assister au défilé militaire comme n’importe quel Français… "Jérôme Rodrigues était sûrement très heureux d’assister au défilé, mais il était présent dès 7 h du matin pour un défilé qui commence à 10h30, et il n’était pas tout seul sur zone", constate Véronique Jacquier. Il y avait deux autres leaders des Gilets Jaunes : Eric Drouet et Maxime Nicolle. Trois personnages qui disent manifester pacifiquement depuis huit mois, mais dont les directives suscitent des troubles à l’ordre public. Avaient-ils le droit de manifester ? Non, pas de manifestation déclarée hier pour le 14 juillet. Avaient-ils le droit d’être sur les Champs-Elysées pour voir passer les chars et les soldats ? Oui. Avaient-ils envie de provoquer des troubles ? Nous ne le saurons jamais mais c’est réussi."

Créateurs de tensions

Qu’ont fait les forces de l’ordre ? Ils les ont arrêtés « arbitrairement », diront certains. Tous trois ont été placés en garde à vue, puis relâchés faute d’infraction pénale, car on ne peut prouver leur intention. Se faire arrêter et relâcher, tel était le but recherché par les leaders des Gilets Jaunes.  "C’est vrai que les Gilets Jaunes se font facilement interpeller quand on attend toujours que le soient les franco algériens après les soirs de matchs, comme jeudi dernier, constate Véronique Jacquier. Dans la nuit, on a recensé 250 interpellations dans tout le pays. C’est vrai qu’il y a un côté deux poids deux mesures dans la répression. Mais le coup d’éclat sur les Champs-Elysées n’arrange rien."

Pour autant, les heurts sur les Champs-Elysées ne sont en grande partie pas imputables aux Gilets Jaunes, avec l’arrivée des black blocs et d’individus cagoulés d’extrême gauche. "Les Gilets Jaunes ne sont pas responsables de la violence hier après-midi, estime Véronique Jacquier. Mais ils ont suscité des tensions et de l’agitation pour dire « on est toujours là ». Ils ont raison de dire que les questions sur le pouvoir d’achat ne sont pas résolues, de dire qu’ils sont choqués par le comportement de François de Rugy, avec leurs pancartes « on veut du homard ». Beaucoup de Français le pense. Mais ils ont maintenant le devoir de trouver une façon d’être crédibles. Ils devraient méditer sur le mot « concorde », qui est la clef de voûte de notre destin national."

 

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