"Gilets jaunes" : la grève générale a-t-elle encore un sens ?

Les Gilets Jaunes manifesteront le 17 novembre contre la hausse des carburants ©PHILIPPE HUGUEN - AFP
Les syndicats ont-ils raté le coche des "gilets jaunes" ? ©PHILIPPE HUGUEN - AFP

Une grève générale a-t-elle un sens alors que les "gilets jaunes" se mobilisent depuis déjà deux mois et demi ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 5 février 2019. Avec pour invités :
- Gérard Médard, "gilet jaune" près de Montauban ;
- Benjamin Amar, responsable de la politique revendicative de la CGT du Val-de-Marne ;
- Lionel Causse, député LREM des Landes ;
- Michel Fize, sociologue, auteur du livre Mai 68 n'a jamais existé !.

Info Vérité est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Ce mardi 5 février 2019, la CGT appelle à la grève. Deux manifestations avaient déjà été organisées fin 2018, les 1er et 14 décembre, mais elles étaient passées inaperçues, avec à peine 15.000 personnes à Paris.

L’appel est aussi lancé par Force ouvrière, la FSU, Solidaire. Seule la CFDT n’appelle pas à la grève, du fait de la présence d’Éric Drouet… La CGT, comme les autres syndicats, semble être en perte de vitesse. Il faut dire que "les 'gilets jaunes' ont obtenu en trois semaines plus que la CGT en dix ans, souligne Véronique Jacquier. L’objectif de la grève générale n’est donc pas d’acquérir de nouveaux droits sociaux, comme en 68. L’objectif, pour la CGT, est tout simplement d’essayer d’exister. Pas pour la lutte des classes mais pour garder sa classe, son standing de grand syndicat sans beaucoup d’adhérents".

La grève, en soi, est démonétisée

Heureusement pour la CGT, Éric Drouet, l’un des leaders des "gilets jaunes", se joint au mouvement. Aura-t-on droit, demain, à une convergence des luttes ? Mais quand la CGT parle d’urgence sociale, Éric Drouet veut destituer Emmanuel Macron… "Les 'gilets jaunes' ont apporté quelque chose de nouveau dans la contestation sociale : la mobilisation tous les samedis, constate Véronique Jacquier. Pas de perte de salaire, pas besoin de perdre un jour travaillé ni de déposer une RTT. La grève en soi s’est démonétisée". De nombreux "gilets jaunes" ne participeront pas à la grève générale, alors que le débat national suit son cours. Ils sont aussi fatigués de se mobiliser tous les samedis. "Quant aux syndicats, si leur grève générale est un flop, ils auront vraiment raté le train de la contestation."

"Tout le monde connaît les objectifs des 'gilets jaunes', rappelle Gérard Médard, "gilet jaune" de la première heure, notamment sur le rond-point d’Aussonne, près de Montauban. Si certains syndicats veulent aller vers cela, pourquoi pas ? Nous sommes prêts à accepter toutes les bonnes volontés. Mais il aurait fallu que les syndicats s’y intéressent beaucoup plus tôt. Il ne faut pas oublier que le mouvement des 'gilets jaunes' veut être apolitique et hors syndicat. Mais à l’intérieur, nous avons toutes les tendances. Je peux vous certifier que, depuis le 17 novembre 2018, je côtoie des gens de tous bords, de gauche, de droite… C’est très profond. Un esprit de solidarité s’est créé, que j’étais loin d’imaginer".
 

Cliquez ici pour écouter ”Info Vérité” présentée par Véronique Jacquier

Retrouvez "Info Vérité" du lundi au vendredi avec Véronique Jacquier à 7h10 et 9h15 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.
Sur quelle fréquence écouter Sud Radio ? Cliquez-ici !

 

Sur le même sujet
Les rubriques Sudradio