L'évadé Ilyas Kherbouch, alias "Ganito", dont la cavale a pris fin vendredi a été mis en examen mardi à Paris, notamment pour évasion en bande organisée et pour corruption de personne dépositaire de l'autorité publique, a appris l'AFP de source proche du dossier.
"Ilyas Kherbouch m'a dit de vous parler", a déclaré de son côté son avocate, May Sarah Vogelhut. "On a parlé de lui en tant qu'une personne dangereuse mais il a prouvé qu'il ne l'était pas par la manière dont il est sorti de détention et par la façon dont il s'est laissé interpeller sans jamais aucune violence et dans la passivité la plus totale", a-t-elle estimé.
M. Kherbouch, 21 ans, comparaît actuellement devant un juge des libertés et de la détention.
Dans le box des accusés, il est apparu le visage fermé ses cheveux longs noirs coupés courts, la moustache et le bouc soigneusement brossés.
Quand il a aperçu trois journalistes dans la salle, il s'est emporté: "Ils vont encore salir mon image".
La procureure a de son côté demandé le huis clos, pour ne pas entâcher "la présomption d'innocence" de M. Kherbouch et préserver l'information judiciaire "aux enjeux importants". La juge des libertés et de la détention a alors ordonné la non-publicité des débats.
La compagne de M. Kherbouch, une ancienne surveillante pénitentiaire, est actuellement interrogée par des magistrats instructeurs.
A son égard, M. Kherbouch assure "qu'elle n'a rien à voir là-dedans" et "qu'il veut absolument la protéger", a rapporté son avocate.
Le 7 mars, trois personnes se sont rendues à la maison d'arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), en plein après-midi. Deux s'étaient fait passer pour des policiers venus chercher un détenu, M. Kherbouch, pour l'extraire en garde à vue en présentant de faux documents judiciaires, selon le parquet de Paris.
Le détenu, connu jusqu'à présent pour des home-jackings violents, était alors sorti de prison sans heurt. Le personnel pénitentiaire s'est inquiété de son absence seulement 48 heures après, la durée maximale d'une garde à vue.
Il a finalement été interpellé, avec l'ancienne surveillante pénitentiaire, à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) vendredi soir.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP