Fermeture prolongée: douche froide pour les restaurateurs et cafetiers

Les cafés et restaurants ne pourront pas rouvrir leurs portes avant le 20 janvier, et uniquement si le nombre de contaminations demeure en dessous de 5000 cas par jour. Les restaurateurs seront donc privés des réveillons de Noël et du nouvel an, alors que les Français devraient être dé-confinés pour les fêtes de fin d’années... Pour les professionnels du secteur, c’est la douche froide.

Une brasserie pizzeria fermée à Marseille. NICOLAS TUCAT / AFP)
Reportage Sud Radio de Clément Bargain

 

 

David Zenouda est amer: ce restaurateur parisien, fondateur du collectif "restons ouverts" se sent une nouvelle fois sacrifié. "Toute la population va être dans les rues fêter Noël et le 31 décembre sans les bars, sans les restaurants". Une décision incompréhensible pour David Zenouda, qui interroge:

"Croyez-vous sincèrement que les Français vont garder les masques entre eux  le soir du 31 décembre?! Alors que si on avait laissé ouverts les lieux faits pour ça, on aurait des agents de sécurité vigilants, car il en irait de nos ouvertures, donc beaucoup plus vigilants que dans les appartements et fêtes privées, comme on le dénonce depuis des mois et des mois..."

 

Pour calmer la gronde des professionnels, Emmanuel Macron a annoncé que les entreprises qui resteront fermées pourront obtenir une aide correspondant à 20% de leur chiffre d'affaires annuel, au lieu des 10.000 euros déjà proposés… Mais c’est insuffisant pour Benjamin Berges, restaurateur dans l’Aveyron:

"Cela ne suffira jamais à combler nos pertes ! On n'a pas parlé des bailleurs, des loyers, de l'URSSAF, de la CFE... Quand on nous donne 10 balles et qu'on en réclame 20, y'en a 10 qui ressortent de ma poche... "

 

Les professionnels du secteur poursuivront les mobilisations ces prochains jours. Une manifestation nationale devrait être organisée début décembre.

 

"Des pansements sur une jambe de bois"

Les entreprises "qui resteront fermées administrativement" dans les prochaines semaines, comme les restaurants, pourront obtenir une aide correspondant à 20% de leur chiffre d'affaires annuel, au lieu des 10.000 euros déjà proposés, si cette option est meilleur pour elles, a indiqué hier soir Emmanuel Macron. Mais pas de quoi calmer la gronde des professionnels du secteur… ça ne suffira pas à combler les pertes selon David Zenouda:

"Trois mois de loyers qu'on n'arrive pas à payer, les assurances qui ne nous ont pas aidées, les congés payés non pris en charge, les salaires du propriétaire de l'établissement: un endettement s'est cumulé"

 

 

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