Faut-il limiter la vente des animaux de compagnie ?

Doit-on limiter la vente de nos compagnons à quatre pattes ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans Info vérité sur Sud Radio le 2 juillet. Avec pour invité Arnaud Bazin, sénateur LR du Val d’Oise, vétérinaire, à l’origine de la tribune “Un être sensible ne se jette pas” signée par 240 parlementaires. Info Vérité est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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Faut-il limiter la vente des animaux de compagnie ? Triste record : 100.000 animaux sont abandonnés en France chaque année. C'est pourquoi 240 parlementaires veulent durcir la loi. Est-ce que cela passe par la limitation de la vente de nos compagnons à quatre pattes ?

Limiter la vente en animalerie ?

"La question de la limitation de la vente fait débat. Pourquoi ? Parce que vendre un animal, c’est le considérer comme un bien de consommation, estime Véronique Jacquier. Très souvent, c’est l’achat coup de cœur. Avec des facilités de paiement. Mais ensuite beaucoup sont abandonnés". Pourtant l’acte est punissable, car assimilé à un acte de cruauté : vous encourrez deux ans de prison et 30.000 euros d’amende, selon le Code pénal. Est-ce une bonne chose d’aller choisir un compagnon à quatre pattes dans une cage dans une animalerie ? Ou de l’acheter en ligne à un particulier ? "Depuis 2015, le Parlement a modernisé le statut juridique de l’animal : il est reconnu comme un être vivant et sensible. Il faut donc tout faire pour éviter l’achat compulsif.

Faut-il envisager de limiter la vente des chiots et des chatons dans les animaleries, comme en Grande-Bretagne et en Californie ? Les familles se tourneraient plus volontiers vers les refuges où les attendent des centaines d’animaux à adopter. Cela permettrait aussi, à ceux qui veulent devenir propriétaire d’un chien de race, d’aller le choisir dans un élevage agréé. "Les animaleries s’approvisionnent pour la plupart dans des fermes d’élevage intensif, de l’est de l’Europe notamment où ne règne pas forcement le bien-être de l’animal, rappelle Véronique Jacquier. Mais on ne peut pas toutes les mettre dans le même panier".

Plus de vente en ligne d'animaux

Les animaleries perdraient-elles leur raison d’être ? Non. Pas si elles continuent à vendre des animaux de compagnie jeunes ou déjà adultes provenant d’élevages sérieux. L’achat d’un animal étant souvent plus réfléchi quand on choisit un chien qui n’est plus un bébé, il y a moins de risque de le laisser au bord d’une route. "Mais l’urgence serait carrément d’interdire la vente en ligne des animaux, juge Véronique Jacquier. C’est du travail souvent dissimulé. Les personnes arrondissent leur fin de mois mais ne se soucient pas forcement du bien être animal". En principe, depuis 2016, la loi oblige ceux qui vendent en ligne à se déclarer comme éleveur dès la première portée vendue, mais très peu le font. "L’état ne se donne pas les moyens de les contrôler. Malheureusement, il a d’autres chats à fouetter".

"Cela fait longtemps que cela dure, mais le chiffre de 100.000 abandons est scandaleux. À un moment, il faut dire stop et proposer des mesures, estime Arnaud Bazin, sénateur LR du Val d’Oise, vétérinaire, à l’origine de la tribune “Un être sensible ne se jette pas” et signée par 240 parlementaires. "C’est une mobilisation transpartisane et un appel au gouvernement à nous soutenir dans cette démarche. Nous allons regarder ce qui fonctionne à l’étranger, des mesures simples et de bon sens". Quid de la vente en ligne ? "Il ne me semble pas indispensable que l’on fasse se reproduire pour en tirer de l’argent. Que les gens réfléchissent : cela peut avoir des conséquences financières, entre l’achat d’animaux à crédit et les vétérinaires. Être à la pointe du soin coûte de l’argent, il faut que les gens le sachent". Autre sujet particulier : la stérilisation des chats. "On ne s’en sort pas, il faudra peut-être en arriver à la stérilisation obligatoire des chats des particuliers".

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