Faut-il envoyer des internes dans les déserts médicaux ?

Les internes, futurs médecins, sont vent debout contre le fait de passer une quatrième année d’étude dans les déserts médicaux.

C’est l’une des propositions du ministre de la santé, François Braun : une quatrième année d’études devant se faire dans les déserts médicaux afin de compenser le manque de médecins.

Une quatrième année dans les déserts médicaux

Cela porterait à dix ans la durée de formation des médecins généralistes, six ans avant le concours de l’internat, et quatre ans ensuite. "Nous refusons cela d’abord parce que c’est une quatrième année qui se veut obligatoire, qui confond objectifs de formation et impératifs d’accès aux soins, estime Olivia Fraigneau, présidente de l’intersyndicale nationale des internes. C’est une année pendant laquelle on doit accompagner les futurs médecins, faire que leur projet professionnel se construise."

"En obligeant à réaliser cette quatrième année en cabinet libéral et en zone sous dense, on ne respecte pas obligatoirement un projet professionnel. Les patients, je les vois tous les jours à l’hôpital, avec tous les autres internes. Cette quatrième année d’étude censée répondre à la problématique de l’accès aux soins en urgence va faire exactement le contraire."

 

Médecins : des stages dans les grandes villes

"Comment voulez-vous aider sur un territoire que vous ne connaissez pas ? Nous faire découvrir ce type de territoire c’est trop tard, juge Olivia Fraigneau, présidente de l’intersyndicale nationale des internes. Il faudrait le faire plus tôt dans notre formation. Nous réalisons des stages très tôt dans notre formation. Mais à l’heure actuelle, on les réalise uniquement dans les hôpitaux et les grandes villes. Si l'on veut que les gens s’installent ailleurs, il ne faut pas leur faire passer toute leur vingtaine dans ces endroits. Ils ont construit une vie de famille, avec un conjoint, une vie, une école, une crèche."

"On parle de déraciner des personnes qui ont construit une vie pendant dix ans, souligne-t-elle. Si on veut que les gens aient envie de s’installer dans les territoires en manque de médecins, il faut leur en donner envie, et non les contraindre. Il faut augmenter énormément le nombre de médecins que l’on forme, et élargir les terrains de stage."

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