Fabien Benoit : "La Silicon Valley c'est une histoire américaine faite de pionniers et de self-made-men"

Fabien Benoit, journaliste et auteur du livre The valley (éditions Les arènes), était l’invité d’André Bercoff mercredi 22 mai, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

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Dans la Silicon Valley, il y a une prégnance du libertarianisme

Fabien Benoit, documentariste et spécialiste des nouvelles technologies, invité d'André Bercoff, revient sur les hommes de la Silicon Valley qui pourraient régler les problèmes mieux que les hommes politiques : "Il y a une prégnance du libertarianisme dans la Silicon Valley ? Et, pour rappel, ce libertarianisme a pour ennemi l'État. C'est vrai il y a donc ce rejet de la politique, des politiques. L'idée que ce sont des chefs d'entreprise géniaux, brillants, plus intelligents que la moyenne qui doivent décider du sort du monde." Cette idée ne vient-elle pas du fait que la "Valley" s'est construite sans subvention de l'État ?

"Si on veut trouver un point de départ dans cette histoire, il y a l'université de Stanford qui est construite à la fin du XXe siècle dans cette région maraîchère où on est bien loin de cette concentration de richesses que l'on a aujourd'hui. Elle lance donc un mouvement. Ce sont donc des universitaires qui vont en être à l'origine. On va investir dans cette université sur la recherche, la technologie, bien loin des technologies d'aujourd'hui : le tube à vide, le transistor et le fameux silicium, qui vont donner vie à des choses que l'on connaît aujourd'hui c'est-à-dire la télévision, la radiophonie... Et il va très vite se nouer une relation tripartite. Je parle de triangle de fer dans le livre, une relation avec trois acteurs : les universitaires d'un côté, les entreprises de l'autre et l'État fédéral qui passe commande, qui finance ces recherches."

"La Silicon Valley c'est une histoire américaine faite de pionniers et de self-made-men"

Et de citer l'exemple le plus connu : Internet. Le projet était financé par le gouvernement américain. L'auteur explique : "Il y avait l'idée de construire un réseau de télécommunications impossible à détruire, décentralisé, très résistant, très résiliant." Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Bille Gates et les autres, qu'ont tous ces hommes en commun ? "Ce territoire de la Silicon Valley, entre San José et San Francisco, est donc un petit territoire de 70-80 km c'est une histoire américaine comme j'aime à le dire. Et elle est traversée par les valeurs américaines, en particulier le prima de la liberté individuelle. Ces gens-là croient en l'initiative individuelle et ça renvoie d'ailleurs au libertarianisme que l'on évoquait. Ils sont également pétris de valeurs comme celle de la conquête de l'Ouest : l'idée de reconquérir un territoire."

Il poursuit en évoquant le terme de "frontière", très présent dans l'histoire de la Silicon Valley : "la frontière à dépasser, à repousser. Internet qui est une nouvelle frontière. Le transhumanisme qui est une nouvelle frontière. Il y a tout un lexique autour de ce terme. Il y a une histoire américaine avec des pionniers, des frontières, de self-made-man, d'initiatives et de recommencer le monde. On entend aussi beaucoup dans la Silicon Valley 'Change the world !' Refaire le monde, recréer le monde, c'est très prégnant et c'est un dénominateur commun assez fort." 

 

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