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Fabian de Lacaze (MMA) : "La route est la première cause d’accident mortel au travail"

Par Mathieu D'Hondt

Fabian de Lacaze , responsable de la prévention des risques routiers chez l’assureur MMA, était ce mercredi l'invité du Grand matin Sud Radio.

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Beaucoup de gens l'ignorent, mais un accident de la route mortel sur sept intervient lors d’un trajet professionnel. Afin de sensibiliser le monde de l'entreprise sur les risques pour les salariés, la sécurité routière organise du 5 au 9 mai une semaine de prévention en milieu professionnel. A cette occasion, Dimitri Pavlenko accueillait ce mercredi Fabian de Lacaze , responsable de la prévention des risques routiers chez l’assureur MMA. Ce dernier nous en dit un peu plus sur ce "fléau" encore méconnu.

Bonjour, vous avez commandé à l’Ifop un sondage afin d'évaluer le degré de connaissance, chez les patrons, du risque que représente la route dans l’entreprise. Résultat, un accident mortel sur 7 survient lors d'un déplacement professionnel, c’est énorme, non ?

Oui, c’est énorme ! La route est la première cause d’accident mortel au travail. C’est pour cette raison qu’on a voulu faire cette étude, pour vérifier le niveau de connaissances des chefs d’entreprise vis-à-vis de la route et du risque qu’elle représente pour l’entreprise. On voulait aussi vérifier leurs connaissance des responsabilités qu’ils ont vis-à-vis de ce risque.

Ces accidents sont-il dus à la vitesse, la fatigue ou l’alcool au volant ?

Tout comme les accidents qui peuvent se passer en dehors de la vie professionnelle, il y a effectivement la vitesse qui est fréquente. Mais c’est le cas dans la majeure partie des accidents mortels en général. Souvent la voiture est aussi utilisée un peu comme un bureau annexe, il peut donc y avoir le "distracteur", c’est-à-dire le téléphone au volant. Il peut aussi y avoir l’alcool après les repas d’affaire ou les déjeuners avec les clients et les fournisseurs. Bien souvent, il y a la somnolence car les personnes qui utilisent leur voiture pour leur job effectuent des trajets assez longs, ils peuvent commencer assez tôt le matin et conduire en état de fatigue. Malheureusement, ce cocktail est détonnant.

C’est un vrai fléau en termes de journées de travail perdues, a-t-on un chiffre pour estimer ce que représente l’accidentologie pour l’entreprise ?

La sécurité routière annonce à peu près 6 millions de journées de travail perdues, donc on voit qu’au-delà des pertes humaines et des douleurs pour les familles, c’est aussi des difficultés pour les chefs d’entreprise. C’est pour cette raison que ces derniers doivent réagir pour sauver des vies et assurer une forme de bonne santé économique dans leur entreprise.

Que peuvent faire les patrons pour améliorer la sécurité routière dans l’entreprise ?

Déjà, il faut qu’ils en prennent conscience parce que finalement, ce que montre cette étude, c’est que si la route est la première cause de mortalité au travail, ils (les chefs d’entreprise ndlr) ne sont que 23 % à le savoir. Cette étude porte sur les TPE et PME, donc les entreprises de moins de 50 salariés et pas forcément les entreprises dont le métier est de rouler (chauffeurs routiers, artisans taxi ect…). Dans ces profils là, on s’aperçoit que les chefs d’entreprise ne sont qu’un petit quart à savoir que la route est un danger pour leurs salariés et surtout, ils ne sont que 20 % à être actifs en matière de prévention routière. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, 80 % des chefs d’entreprise ne mènent aucune action de prévention routière. Mais pour les 20 % qui se disent actifs sur la prévention, les principales actions menées consistent à contrôler l’état du véhicule mais en réalité c’est presque une obligation au sens du contrôle technique.

Le patron n’a pas forcément le beau rôle, qu’est-ce que vous l’encouragez à faire ?

Effectivement, ils n’ont pas beaucoup de temps et quand on parle de prévention routière avec eux, généralement s’ils ne font rien, c’est parce qu’ils n’y ont pas pensé. Il n’y a finalement aucune mauvaise volonté de leur part. Pour montrer leur bonne volonté, ils se disent d'ailleurs prêts dans 70 % des cas à signer l’appel qui a été lancé par la sécurité routière, en octobre de l’année dernière. Ce dernier prône un certain nombre de mesures dont le droit à la déconnexion complète quand on est en voiture, c’est-à-dire de ne plus recevoir d’appels entrants ou de ne pas être tenu d’appeler son patron ou des clients. Les patrons sont prêts à y aller, c’est une bonne nouvelle car aujourd’hui il n’y pensent pas et n’ont pas forcément les outils. C’est aussi pour cette raison que l’on propose un mooc, cet outil d’apprentissage à distance (un cours en ligne sur internet). On sait qu’ils sont pressés donc, en 30 minutes, on leur propose d’avoir une formation de base. L'adresse internet, c'est zérotracas.mma. C’est une façon pour eux de comprendre que la route est la première cause de mortalité, tous les risques y sont détaillés avec des vidéos.

Retrouvez l'intégralité du podcast de l'interview ici.

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