Expulsion du squat Saint-Just à Marseille : "C'est de l'hypocrisie totale ! On ne les prend pas en charge, et en plus on nous les envoie !"

La justice vient d’ordonner l’expulsion du squat Saint-Just à Marseille, un ancien couvent où vivent 170 jeunes migrants isolés depuis près d’un an. Ils vont devoir quitter les lieux et faute de places dans les structures adaptées, ils finiront dans les rues, dénonce le collectif qui leur vient en aide. Lionel Maillet de Sud Radio s'est rendu sur place.

La justice ordonne l'expulsion des mineurs du squat Saint-Just à Marseille. AFP

"Ils vont tomber peut-être, certains, dans tous les trafics possibles pour pouvoir manger"

170 mineurs sont concernés par cette expulsion : le plus jeune a 14 ans et comme ils n’ont nulle part où aller, tous finiront dans les rues de Marseille, alerte le collectif "59 Saint-Just" qui leur vient en aide. "Ils vont être livrés à eux-mêmes et tomber peut-être, certains, dans tous les trafics possibles pour pouvoir manger : vente de shit, trafic, prostitution".

 

Ces jeunes migrants squattent cet ancien couvent du 13eme arrondissement depuis 11 mois. Saisie par le diocèse, la justice leur demande de partir mais Léa, l’une des bénévoles du collectif "59 Saint-Just", dénonce un non sens, car c’est la police elle-même qui mène des migrants dans ce squat tous les jours. "Encore hier, on a deux jeunes qui ont été envoyés à Saint-Just par la police ! confirme-t-elle à Lionel Maillet. C'est le commissariat qui nous envoie des jeunes, parce qu'ils n'ont pas de place où les mettre !"

 

"On nous dit que le squat doit fermer, mais on ne les prend pas en charge, et en plus on nous les envoie"

"Hier, on a un jeune qui a été envoyé par le prestataire du département qui est censé les mettre à l'abri !" s'indigne-t-elle. C'est de l'hypocrisie totale, estime Léa. On nous dit que le squat doit fermer, mais on ne les prend pas en charge, et en plus on nous les envoie, les institutions nous les envoient !"

 

 

Face à cet afflux, les places d’hébergement manquent cruellement. Ces migrants venus du Sénégal, du Mali ou du Pakistan ont des droits qui ne sont pas respectés. "On ne respecte pas la loi, le Conseil départemental met en avant chaque fois que les places sont saturées".

Pour eux, pas de trêve hivernale, elle ne s’applique pas aux migrants. Selon nos informations, le diocèse de Marseille ne devrait pas les expulser avant le mois de février.

 

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !