Étudiants en médecine : "On se sent abandonnés, sacrifiés au profit de la réforme"

Ils se disent la génération sacrifiée, celle qui essuie les plâtres de la reforme du premier cycle des études de santé. La suppression du numerus clausus était censée donner plus de chances aux étudiants d’accéder à la 2ème année. Dans les faits, c’est loin d’être le cas, il pourrait même y avoir moins de places qu’avant. Les étudiants marseillais sont désabusés...

Les étudiants en médecine se disent la génération sacrifiée. © AFP

Reportage à Marseille de Lionel Maillet pour Sud Radio

 

"Je trouve cette réforme injuste et injustifiée !

La fin du numerus clausus ne veut pas dire pour autant qu’il n’ y a plus de quotas. La faculté de médecine de Marseille devrait d’ici peu communiquer le nombre de places disponibles en deuxième année. Et à cause de la réforme, Zia sait qu’elle part avec un sérieux handicap : "on se retrouve à une année où on n'a plus de droit de redoubler et on est en même temps que ceux qui ont redoublé l'année dernière qui n'avaient pas la réforme déplore-t-elle. On est la première année de réforme, avec beaucoup moins de places pour pouvoir aller en deuxième année. Je trouve cette réforme injuste et injustifiée !"

Même colère pour Yohan, âgé de 18 ans, qui passe ses journées à réviser sans trop savoir à quoi s’attendre. "C'est une frustration intense confie-t-il, parce qu'on se dit que la réforme était censée nous avantager et au final, on apprend que pas du tout... "

"On navigue même plus qu'à vue, les yeux fermés ! On ne sait même pas comment se dérouleront certains de nos examens... On se sent en quelque sorte abandonnés, comme si on devait être sacrifiés au profit de la réforme".

 

"On demande qu'ils mettent en province les mêmes moyens qu'ils ont mis en place sur Paris"

Réunis au sein du collectif PASS / LAS, étudiants et parents se battent pour éviter une génération sacrifiée. "L'année passée, avant d'être mise en place, cette réforme a été testée à Paris et ça a fonctionné rappelle une mère de famille. On demande simplement qu'ils appliquent la loi, qu'ils augmentent le nombre de places à 33%, comme la moyenne des universités parisiennes, qu'ils mettent en province les mêmes moyens qu'ils ont mis en place sur Paris".

Le risque conclut cette mère de famille, c’est que nos enfants se découragent et soient de plus en plus nombreux à partir faire leurs études de médecine à l'étranger.

 

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