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Épargne : pire mois depuis 17 ans, le Livret A perd-il de son attrait ?

Par Quentin Barbaza

ECLAIRAGE SUD RADIO - Avec 490 millions d’euros retirés en mars et un taux divisé par deux en un an, le Livret A traverse une zone de turbulence inédite depuis 2009. Faut-il y voir un désamour durable des Français pour ce placement phare, ou simplement un ajustement passager ? Éléments de réponse avec Philippe Crevel.

Avec 490 millions d’euros retirés en mars et un taux divisé par deux en un an, le Livret A traverse une zone de turbulence inédite depuis 2009. Faut-il y voir un désamour durable des Français pour ce placement phare, ou simplement un ajustement passager ? Éléments de réponse avec Philippe Crevel.
Avec 490 millions d’euros retirés en mars et un taux divisé par deux en un an, le Livret A traverse une zone de turbulence inédite depuis 2009. Faut-il y voir un désamour durable des Français pour ce placement phare, ou simplement un ajustement passager ? Éléments de réponse avec Philippe Crevel.

Le chiffre interpelle : 490 millions d'euros retirés en mars 2026. Soit le pire mois de mars pour le Livret A depuis 2009. Longtemps considéré comme un pilier de l’épargne des ménages, il fait aujourd’hui face à un contexte moins favorable. La baisse rapide de son taux de rémunération (1,5% au 1er février 2026), combinée à un environnement économique incertain, pousse de plus en plus d’épargnants à s’interroger sur sa pertinence.

Sans être abandonné, ce produit emblématique semble perdre une partie de son attractivité au profit de placements jugés plus performants. Pourtant, pour Philippe Crevel, économiste et Directeur général du Cercle de l’Epargne il ne faut pas céder à l’alarmisme : « il faut relativiser : aujourd’hui, près de 440 milliards d’euros restent placés sur le Livret A. »

Un taux divisé par deux qui change la donne

Cette évolution ne traduit pas nécessairement une rupture, mais plutôt une adaptation progressive des Français, devenus plus attentifs au rendement de leur épargne dans un contexte où chaque point de pourcentage compte.

L’économiste rappelle que « c’est un produit qui a connu une croissance très forte ces dernières années. On observe aujourd’hui une décollecte d’environ 3 milliards d’euros au premier trimestre, c’est surtout une phase de correction. Ce n’est pas la fin du Livret A, mais plutôt un ajustement après une période exceptionnelle. »

La principale explication de ce ralentissement tient en un mot : rendement. En un an, le taux est passé de 3 % à 1,5 %. « Il a donc été divisé par deux en peu de temps. Forcément, cela rend le produit moins attractif », explique Philippe Crevel. Conséquence directe : les épargnants réorientent leur argent. « Les Français ne dépensent pas forcément plus, mais ils déplacent leur argent vers des supports qui rapportent davantage. »

Un placement toujours utile, mais moins performant

Faut-il pour autant abandonner le Livret A ? Pas nécessairement. « Le Livret A reste utile, mais son rendement est devenu limité », nuance l’expert.

Avec une inflation légèrement supérieure au taux actuel, le placement ne permet plus de préserver totalement le pouvoir d’achat. Mais il conserve un avantage clé : la sécurité. « Cela reste néanmoins plus intéressant qu’un compte courant, qui ne rapporte rien. »

Des alternatives plus séduisantes

Dans ce contexte, d’autres produits gagnent du terrain. « L’assurance-vie, notamment avec les fonds en euros, reste une solution privilégiée, souligne Philippe Crevel. On observe aussi un regain d’intérêt pour les placements en bourse, même si les marchés sont un peu chahutés actuellement, notamment avec les tensions géopolitiques ».

Si la situation conflictuelle au Moyen-Orient, agite les marchés, leur impact sur le Livret A reste limité. « Le Livret A est un produit sécurisé, son taux dépend essentiellement de l’inflation. » En revanche, ces incertitudes peuvent influencer le comportement des épargnants, qui adaptent leurs stratégies.

Une hausse du taux pour relancer la machine ?

Une revalorisation du taux est envisagée cet été, potentiellement autour de 2 %. Une perspective qui pourrait redonner un peu d’élan au produit.
« La décision finale appartient au gouvernement. Ce sera donc autant une décision économique que politique », rappelle Philippe Crevel.

D’ici là, le Livret A semble entrer dans une nouvelle phase : toujours incontournable, mais concurrencé comme jamais.

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