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Enseignante agressée au couteau: le lycéen mis en examen pour trois tentatives d'assassinat

Un lycéen de 18 ans a été mis en examen et écroué mercredi pour trois tentatives d'assassinat contre une enseignante et deux élèves, après les avoir agressés au couteau en plein cours dans son établissement du Maine-et-Loire, pour des motifs encore flous.

Sebastien Salom-Gomis - AFP

Un lycéen de 18 ans a été mis en examen et écroué mercredi pour trois tentatives d'assassinat contre une enseignante et deux élèves, après les avoir agressés au couteau en plein cours dans son établissement du Maine-et-Loire, pour des motifs encore flous.

"C'est bien un acte prémédité", a souligné lors d'une conférence de presse le procureur de la République d'Angers, Eric Bouillard, pour expliquer le chef de tentative d'assassinat qui a été retenu.

Lundi peu avant 10h00, l'élève de terminale, inconnu de la justice et qui ne s'était jamais fait remarquer dans son lycée de Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire), a soudainement agrippé par derrière sa professeure d'anglais, lui entaillant la joue avec un couteau qu'il avait apporté dans son sac.

"Il a attendu quelques instants que tous les élèves soient dans la classe, que la porte soit fermée", a relaté le procureur.

Touchée au visage, surprise, l'enseignante expérimentée "va se mettre en protection" et "penser à la protection des autres élèves", qui eux aussi ont le réflexe de protéger leur professeure.

"Ce mouvement d'ensemble (...) va permettre aux élèves de se mettre en sécurité dans le couloir" mais l'agresseur a le temps de s'en prendre à deux lycéens encore dans la classe, a révélé M. Bouillard.

Un véhicule de la gendarmerie devant le lycée de l'Hyrome à Chemille-en-Anjou, le 27 mai 2024 dans le Maine-et-Loire

Un véhicule de la gendarmerie devant le lycée de l'Hyrome à Chemille-en-Anjou, le 27 mai 2024 dans le Maine-et-Loire

Sebastien Salom-Gomis - AFP

"Un premier élève va être victime d'une tentative de coup de couteau", au visage lui aussi, qu'il parvient à esquiver. L'agresseur "va ensuite s'en prendre à un deuxième élève, qui va se protéger avec une chaise, qui va être visé à six ou huit reprises", a-t-il ajouté.

"L'enseignante a fort heureusement des blessures de faible gravité" avec une incapacité temporaire de travail fixée à trois jours, et un jour d'ITT pour les deux élèves mineurs.

Le mis en cause s'était enfui par une fenêtre en abandonnant son couteau sur place. Il avait été rapidement interpellé par la police municipale et placé en garde à vue.

- "Faire parler de lui" -

S'il a parlé aux enquêteurs, les motivations précises du jeune homme restent encore floues mercredi, bien que tout motif religieux ou contexte de radicalisation ait été écarté.

Durant sa garde à vue, il a dit ne pas avoir "visé précisément cette enseignante", pas plus que les deux élèves "qui ont simplement eu le malheur, je crois, d'être présents", a dit Eric Bouillard.

Des gendarmes en patrouille devant le lycée de l'Hyrome à Chemille-en-Anjou, le 27 mai 2024 dans le Maine-et-Loire

Des gendarmes en patrouille devant le lycée de l'Hyrome à Chemille-en-Anjou, le 27 mai 2024 dans le Maine-et-Loire

Sebastien Salom-Gomis - AFP

Reste que le lycéen avait acheté son couteau dès le jeudi 23 mai en faisant des courses, le choisissant spécifiquement "en fonction de ce qu'il souhaite faire", et "a bien revendiqué une intention homicide". "Il a dit qu'il voulait tuer quelqu'un", un membre du corps enseignant, "parce qu'il voulait faire parler de lui", a insisté le magistrat.

Les enquêteurs ont aussi retrouvé un second couteau, "très bien dissimulé dans son sac".

Le mis en cause n'avait "jamais été signalé à l'autorité judiciaire" mais les premiers éléments de l'enquête permettent de "découvrir qu'on avait remarqué un comportement particulier, un peu bizarre" chez lui.

Il n'a pas encore fait l'objet d'une expertise psychiatrique parce que le jeune a eu un "comportement cohérent" pendant sa garde à vue et "qu'on veut prendre le temps", dans le cadre de l'information judiciaire qui a été ouverte, a expliqué le procureur d'Angers.

Aux enquêteurs, le jeune a dit que cette agression était "le moyen de mettre fin à une pression qu'il ressentait", sans en préciser la nature, "et qu'il avait envie aussi de savoir ce que c'était que de tuer quelqu'un".

Il ne s'est pas dit victime de harcèlement scolaire, décrivant plutôt "quelques moqueries par moments, comme il peut y en avoir entre élèves" et disant pouvoir être "très rancunier".

Scolarisé depuis trois ans dans le petit lycée polyvalent de l'Hyrôme où il reprenait les cours lundi après une absence pour maladie, le lycéen n'avait pas non plus de problèmes familiaux connus.

Par Laurent BANGUET / Angers (AFP) / © 2024 AFP

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