Reportage Sud Radio : en plein réchauffement climatique, des stations de ski trouvent la parade pour maintenir la neige

À l'heure où Emmanuel Macron se rend demain après-midi à Chamonix pour observer les effets du réchauffement climatique sur les pentes du Mont Blanc, les stations trouvent des moyens pour conserver la neige malgré le yo-yo des températures. Comme à Peyragudes dans les Hautes-Pyrénées.

"Danger". Comme un avertissement pour les stations qui n'investissent pas pour anticiper les effets de la fonte des neiges. (Photo by GAIZKA IROZ / AFP)

Un reportage de Christine Bouillot pour Sud Radio à Peyragudes dans les Hautes-Pyrénées.

 

Le président de la République est attendu dès demain après-midi à Chamonix pour parler réchauffement climatique. Le chef de l’État se rend donc au pied du Mont Blanc pour constater les effets de la fonte des glaces.
Première étape, un dîner mercredi soir avec des scientifiques experts du climat au refuge du Montenvers à Chamonix. Il se rendra ensuite jeudi matin sur la Mer de Glace. Cette question du réchauffement préoccupe particulièrement les professionnels de la montagne et plus particulièrement du ski . Des stations n’ont pas pu ouvrir leurs domaines, en général des petites stations à basse altitude. Dans les Pyrénées, la station de Peyragudes assure une ouverture de 80 % de son domaine skiable, un manteau neigeux qu’il faut désormais apprendre à préserver. Laurent Garcia, directeur du domaine skiable a de quoi être fier,  "on a tout a fait de quoi skier, voyez cet environnement tout blanc, avec le soleil, c'est magnifique !"

Avec plus d'un mètre de neige au sommet, cette  station a dû gérer le plus finement possible le manteau neigeux. Hervé Farfalle, responsable du pôle neige explique leurs méthodes quelque peu révolutionnaires : "nous savons où trouver de la neige naturelle, nous avons également des systèmes sur les dameuses qui vont mesurer l'épaisseur du manteau neigeux et vont faire utiliser la juste neige au juste endroit. On a un parc de 250 canons à neige pour pouvoir profiter d'une neige de qualité."

Douze millions d'euros ont été investis en quinze ans pour entretenir cette neige

C'est le prix du maintien d'une activité vitale à l'emploi de la région. Pour Laurent Garcia, le côté social n'est pas négligeable.

"Il faut proposer l'emploi mais aussi le maintenir dans les vallées et dans la station. Si les personnes aux manettes de leur entité ne font pas les investissements nécessaires, ils peuvent se retrouver hors course. Heureusement pour nous, l'altitude (1600 mètres au pied des pistes) nous aide, je conçois qu'il est plus difficile de maintenir des activités sur des stations de plus moyenne altitude" selon Laurent Garcia, directeur de la station de Peyragudes.

Et de prolonger avec pragmatisme, que les stations doivent se diversifier en réaction à ces variations de température. Muter vers des activités dissociés de la couche de neige.

"Il faut que les stations mutent vers une activité dite de montagne. Il faut savoir aussi créer une économie différente qui s'appuie sur de nouvelles activités. Mais il faut aussi maintenir l'emploi. Donc on ne peut pas remplacer le ski par des activités non commerciales comme la randonnée, sinon notre entreprise disparaîtra".