Élisabeth Lévy - PSG-Istanbul : "Pas de propos racistes mais un délire politiquement correct"

Au tout début de la rencontre qui voyait s'affronter le Paris Saint-Germain et le club stambouliote soutenu par Erdogan, l'Istanbul Basaksehir, un incident supposé raciste a éclaté, après les propos du quatrième arbitre qui désignait Achille Webo par "Negru". Sauf qu'à voir au-delà du festival de vierges effarouchées, il n'y pas de quoi hurler au racisme.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Revenons sur le match PSG-Istanbul interrompu à cause de “propos racistes” de l’arbitre. 

Sauf que je n’ai pas entendu des propos racistes mais un délire politiquement correct. Nommer une réalité que tout le monde voit devient un crime. 

Revenons aux faits. Ce match opposait le PSG au Basaksehir, club proche de l’AKP, parti islamiste, homophobe et anti-contraception. Un arbitre roumain veut alors sanctionner un membre du staff stambouliote, le camerounais Pierre-Achille Webo. Il demande à un autre arbitre, également roumain d’aller le voir et, pour identifier le contrevenant, lui dit en roumain « le Noir ». Vous connaissez la suite : la contestation a été menée par le joueur Demba Ba, grand humaniste qui a affiché sa sympathie pour le CCIF et l’antisémite assumé Kémi Séba. La solidarité des joueurs parisiens a mené à l’arrêt du match. “Ici, c’est pas la Roumanie” dit un membre du staff turc (ça, je trouve ça raciste).

S’ensuit un festival de vierges outragées. Du moindre commentateur sportif au président turc en passant par notre ministre des sports, c’est un concours de belles âmes. On peut comprendre l’emballement du début car il a employé le mot « Négru ». Mais quand on apprend que cela veut juste dire “noir” en roumain, ça n’a pas suffi à arrêter le scandale.  

 

Réduire un homme à sa couleur de peau, c’est du racisme. Mais pas ça.

Il ne le réduit pas à sa couleur, il utilise un élément d’identification qui saute aux yeux. Si le type avait mesuré deux mètres, il aurait dit “Le grand”Supposons que le match ait eu lieu en Afrique avec un seul blanc sur le banc de touche et que l’arbitre ait dit : “tu vas calmer le blanc”. Racisme ? Imaginez que je sois dans une pièce avec Cécile de Ménibus et que vous voudriez dire à quelqu’un que vous en pincez pour Cécile. Vous diriez « La blonde, elle me plait ». Blondophobie ? 

 

Peut-on vraiment plaisanter avec ce sujet ? 

Avec le racisme, peut-être pas, encore que c’est le meilleur moyen de le combattre. Avec la tartufferie antiraciste certainement. En somme, il serait raciste de dire d’un noir qu’il est noir. Au-delà du ridicule, il y a là une injonction contradictoire de l’antiracisme: il faut célébrer les différences, mais on n’a pas droit de les voir. Macron veut qu’on donne des plaques de rues à des Noirs. Ça va être compliqué si on n’a pas le droit de voir qu’ils le sont, noirs.