Élisabeth Lévy - "C'est bien une guerre contre la civilisation française qui est menée"

Chronique

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

 

Vous voulez revenir sur l’attentat de Nice

"C’est l’essence même de la France qu’on a voulu viser". Ces propos n’ont pas été tenus hier, mais en avril 2015 par Manuel Valls, après que des attentats contre des églises de Villejuif avaient été déjoués. Le Premier ministre rappelait que le catholicisme n’est pas une religion parmi d’autres en France, mais notre substrat culturel, de quelque religion que nous soyons. Ce qui lui avait valu des commentaires furibonds dans cette partie de la gauche qui réserve l’anticléricalisme à l’ancienne foi dominante. A Nice, comme à Conflans ou à Djeddah (attaque du consulat de France) comme à Toulouse en 2012 : c'est bien une guerre contre la civilisation française qui est menée.

 

Peut-on parler d’actes isolés?

Ce sont des actes individuels, mais pas isolés. Ce djihad low cost a été théorisé il y a plusieurs années par le prêcheur Abou Moussab al-Souri. Dans le cas de Samuel Paty, tout un milieu islamiste a, sinon commandité l’attentat, construit la mécanique qui y a conduit.  Depuis le début du procès Charlie, il y a une campagne anti-française mondiale.  Dimanche, une note de Darmanin aux services de sécurité, évoquait ce communiqué de l’agence THABAT, «proche d’Al-Qaïda», qui appelle au djihad individuel à l’arme blanche ou à la voiture bélier. Le mobile : les caricatures du prophète, le débat sur le voile, les opérations menées dans les mosquées et notre engagement au Mali. Les cibles : les Imams soutenant le Président de la République, ainsi que les églises et les symboles de la chrétienté».

 

Comment lutter contre ce terrorisme artisanal ?

Renseignement, répression. Mais il s'avère très difficile de repérer les passages à l’acte.
Première chose à faire: ne pas laisser entrer les futurs terroristes. Certes, beaucoup sont français mais justement, on a assez à faire avec eux. Le tueur de Nice était un Tunisien sans papiers. Sans doute arrivé en France avec le concours des associations au grand cœur devenues les auxiliaires des passeurs. Le discours d’une certaine gauche sur l’Europe forteresse contribue à nous désarmer. De même d’ailleurs que les discours émollients du pape, nous appelant à ouvrir nos frontières et nos cœurs. Les Français en ont marre de tendre la joue gauche.  C'est donc une question de démocratie: c'est la première réclamation des Français, on le voit dans tous les sondages: ils veulent une politique migratoire stricte. Réserver le droit d’asile à ceux qui y ont droit. Je voudrais pour finir, vous livrer cette citation de  Thomas Mann, cité par Alain Finkielkraut dans Le Figaro : « La pensée de l’Europe est étroitement liée à l’idée humaniste. Mais l’Europe n’existera que si l’humanisme découvre sa virilité. La liberté ne doit pas être un sauf-conduit pour ceux qui cherchent à l’anéantir.»