Economies de chauffage dans les écoles de Marseille: "j'ai les mains et le bout du nez froids. Des élèves étaient gelés"

Des élèves qui grelottent, des maîtresses qui apportent leur propre radiateur en classe. En ce début d’hiver plusieurs écoles marseillaises ont de gros problèmes de chauffage. Soucis d’isolation, pannes à répétition et des directeurs qui s’improvisent parfois eux-mêmes réparateurs. Au bout de la chaîne c’est la mairie qui est pointée du doigt. Des enseignants accusent d’ailleurs la ville de faire des économies de chauffage sur le dos des élèves. Elle briderait exprès la température pour ne pas trop dépenser.

Une école de Marseille en 2016 / photo d'illustration. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)
Reportage Sud Radio de Lionel Maillet

 

Dans cette  école maternelle prés du Vieux Port, les enseignants ont dû installer eux-même un petit chauffage d’appoint car en classe, les gros radiateurs au gaz ne sont pas suffisants, explique Barbara Miret du syndicat d’enseignants du SNUIPP.

"La mairie demande très clairement de faire des économies de bout de chandelle sur le chauffage, qui ne doit pas dépasser 19-20°."

 20 degrés maximum  reconnait la municipalité, qui se défend  de faire des économies sur le dos des enfants: "là par exemple j'ai les mains froides, le bout du nez froid. J'ai des élèves de moins de trois ans qui étaient gelés ce matin, puisqu'on est en classe dans des vieux locaux mal isolés, avec du jour sous la porte, de l'air qui passe et des plafonds très haut En température ressenti, il fait froid".

Une situation anormale également  pour les parents d’élèves, qui jugent ces économies "inadmissibles". Le cas est loin d’être isolé. D'autres écoles marseillaise ont régulièrement des problèmes de chauffage comme ici dans le quartier du Panier où le directeur préfère rester anonyme: "de temps en temps il n'y a  plus de chauffage, la chaudière s'arrête. D'autant plus que notre école est récente, ce qui est assez fou. Il n'y a aucune isolation en toiture. Le compteur de gaz doit tourner à plein régime, et nos impôts payent du chauffage qui part en fumée dans les airs". Pour voir s’il faut vraiment intervenir, la mairie va venir elle-même contrôler la température dans les écoles qui se plaignent.