École et déconfinement : en Gironde, le quotidien d'une institutrice

Depuis le déconfinement, nombreux sont les élèves qui ont repris le chemin de l'école. En effet, la plupart des écoles élémentaires et primaires ont rouvert leurs portes avec des effectifs réduits. Retour sur le témoignage d'une institutrice dans une école girondine.

Les gestes barrières expliqués aux élèves. (Photo d'illustration) FRANCK FIFE - AFP/Archives

Un reportage de Grâce Leplat.

 

Dans cette école en Gironde, comme dans de nombreux endroits, les cours ont repris dans les écoles primaires et élémentaires. Qui dit reprise dit également respect des gestes barrières et des règles sanitaires qui doit s'appliquer de manière automatique. Marie, institutrice en CP, s'engage à donner cours dans les meilleures conditions possibles. Elle fait part de ses satisfactions, de ses craintes, et plus généralement de la réalité de son quotidien.

"Les élèves s'adaptent beaucoup mieux que les adultes. Ils deviennent rapidement autonomes sur beaucoup de choses, dont le lavage des mains. Et le respect des gestes barrières est bien ancré maintenant."

Et ce n'était pas une mince affaire.

"C'était un vrai casse-tête de tout préparer, organiser, qui va dans la cour à quel moment, qui prend sa récré, qui s'occupe de la cantine."

L'ensemble de la journée a été repensé pour assurer la sécurité sanitaire des élèves et des professeurs, une nécessité mais aussi un poids.

"C'est surtout lourd psychologiquement. En classe normalement, on s'approche des élèves pour leur expliquer une notion. Ça devient compliqué car il faut leur expliquer à travers un masque."

Avec ces élèves, ils ont trouvé leur rythme. Mais dès juin, cinq autres volontaires feront leur retour. Au lieu de sept, ils seront douze.

"Dans notre classe qui fait 35m2, on peut avoir un maximum de huit élèves. Pour les élèves qui vont rentrer possiblement à partir du 2 juin, je pense que cela va poser un problème. On n'aura pas assez de place pour les accueillir. Et en même temps cela va être compliqué de les refuser."

Alors elle pense faire deux groupes : certains viendront lundi/mardi, les autres jeudi/vendredi. Dans sa classe, seul un tiers des enfants ne reviendra pas du tout à l'école.