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18 ans de réclusion criminelle requis pour viols de l'islamologue suisse Tariq Ramadan

Une peine de 18 ans de réclusion criminelle a été requise mardi au procès pour viols de l'islamologue suisse Tariq Ramadan, jugé par défaut et à huis clos par la cour criminelle départementale de Paris pour des viols sur trois femmes.

STEPHANE DE SAKUTIN - AFP/Archives

Une peine de 18 ans de réclusion criminelle a été requise mardi au procès pour viols de l'islamologue suisse Tariq Ramadan, jugé par défaut et à huis clos par la cour criminelle départementale de Paris pour des viols sur trois femmes.

L'avocat général a aussi demandé un mandat d'arrêt à l'encontre de l'accusé qui ne s'est pas présenté à la justice française depuis l'ouverture de son procès, ainsi qu'une interdiction définitive du territoire français une fois sa peine purgée, a indiqué une source judiciaire.

Le verdict sera rendu mercredi.

"L'accusation au début du procès avait insulté Tariq Ramadan de lâche", a réagi auprès de l'AFP un de ses avocats, Me Ouadie Elhamamouchi. "Alors que ce dernier sollicitait un report de quelques semaines car hospitalisé et qu'il vient tout juste d'être à nouveau hospitalisé, voilà que des réquisitions iniques et totalement déconnectées, encouragées certainement par l'absence de défense de Tariq Ramadan, viennent d'être prononcées", a-t-il ajouté, y voyant un "acharnement" sur son client.

Pour David-Olivier Kaminski, avocat d'une des parties civiles, l'avocat général a au contraire "durant plus de trois heure établi, démontré l'immense culpabilité de Tariq Ramadan".

L'islamologue, déjà condamné par la justice helvète pour le viol d'une femme, est jugé à Paris depuis le 2 mars pour des viols qui auraient été commis sur trois autres femmes entre 2009 et 2016, ce qu'il conteste: un viol aggravé, avec violences et sur personne vulnérable, commis sur "Christelle" (prénom d'emprunt) à Lyon en octobre 2009 ; un viol qui aurait eu lieu en 2012 à Paris sur Henda Ayari, une ex-salafiste devenue militante laïque qui avait déclenché l'affaire en portant plainte en octobre 2017 et un autre sur une troisième femme, remontant à 2016.

- Expertise médicale -

Mais à l'ouverture du procès, il ne s'est pas présenté à l'audience. Ses avocats avaient alors expliqué qu'il avait été hospitalisé deux jours auparavant à Genève, en raison selon eux d'une "poussée" de sclérose en plaques.

La présidente de la cour criminelle, Corinne Goetzmann, avait dès lors ordonné une expertise médicale sur pièces à deux neurologues désignés pour évaluer son état de santé, afin de décider d'un renvoi ou non du procès à une date ultérieure.

Dans ce rapport, lu à l'audience par la magistrate le 6 mars, les experts ont conclu à la "stabilité de la sclérose en plaques" dont souffre l'islamologue depuis plusieurs années, "sans signe de poussée récente", et ont estimé qu'il pouvait donc comparaître devant la cour criminelle.

La présidente a alors rejeté la demande de renvoi du procès et décidé que l'accusé de 63 ans serait jugé par défaut, et à huis clos comme le demandait une partie civile. Elle a, par ailleurs, indiqué qu'un mandat d'arrêt, "à exécution et diffusion immédiate", était délivré à son encontre.

Ses quatre avocats ont quitté la salle d'audience, estimant qu'ils ne pouvaient défendre leur client dans cette "parodie de justice".

En Suisse, après avoir été acquitté en première instance, il a été condamné en appel en septembre 2024 à trois ans de prison dont un an ferme pour le viol d'une femme dans la nuit du 28 au 29 octobre 2008 dans un hôtel à Genève. Il a annoncé saisir la Cour européenne des droits de l'homme et a par ailleurs déposé une demande en révision du procès, en cours de traitement selon la justice genevoise.

Sollicitées à plusieurs reprises par l'AFP, les autorités judiciaires suisses ont refusé jusqu'à présent de faire tout commentaire sur le sort de M. Ramadan.

Par Eleonore DERMY / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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